Marielle de Sarnez (MoDem) : «Nous allons soutenir un candidat alternatif à Barroso»

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En marge du lancement de la campagne du MoDem pour les européennes, dimanche 8 janvier à Paris, Marielle de Sarnez, numéro 2 du parti et tête de liste en Île-de-France, est revenue pour EURACTIV.fr sur trois axes de la campagne du parti.

Dans votre discours, vous avez dit que les députés européens MoDem devraient se consacrer à plein temps à leur mandat. Cela signifie-t-il la fin du cumul des mandats pour les eurodéputés?

Le cumul des mandats n’existe pas pour un eurodéputé. En effet, les parlementaires  européens n’ont pas d’autres mandats de parlementaires. Dans son discours, François Bayrou a même dit l’inverse, en soulignant qu’il voulait non seulement des parlementaires qui occupent leur charge à plein temps, mais aussi des parlementaires qui ne soient pas déconnectés du terrain. 

Il faut arrêter de traiter les affaires européennes comme des affaires étrangères. On a entendu des ministres dire «je ne veux pas être exilé». C’est exactement le contraire de ce que nous pensons. Nous pensons que l’Europe est là pour répondre aux problématiques concrètes des préoccupations des Français. Il faut qu’à la fois les députés européens fassent complètement leur travail au Parlement européen, et qu’en même temps, ils soient complètement avec les Français. On a envie d’une Europe qui sur le plan social et sur le plan économique apporte enfin des réponses aux malaises de nos concitoyens.

Vous avez beaucoup critiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le MoDem, qui fait partie de l’ALDE, va-t-il soutenir un candidat pour prendre la tête de la Commission?

Nous allons créer les conditions d’une majorité nouvelle au Parlement européen pour soutenir un candidat alternatif à M. Barroso, qui ne nous convient absolument pas comme candidat.

De qui s’agit-il?

Il y a plusieurs idées. Mais je ne vous donnerai pas les noms aujourd’hui. Vous verrez dans les semaines qui viennent. Ce débat ne fait que commencer. Il est très important d’avoir un président de la Commission qui conduise une politique qui rééquilibre l’Europe, et qui ne soit pas dans l’ultralibéralisme comme l’est le président de la Commission sortante. Il faut que le président de la Commission soit indépendant des États et des gouvernements. Ce n’est absolument pas le cas de José Manuel Barroso. 

François Bayrou a indiqué qu’il souhaitait que la Parlement européen siège à plein temps à Strasbourg. Est-ce vraiment une proposition réaliste? Ne serait-ce pas un handicap pour les députés européens de ne plus être dans la même ville que la Commission européenne?

Quand les parlementaires vont à Bruxelles, ce n’est pas pour travailler avec la Commission, mais pour travailler au Parlement européen, qui a deux antennes : une à Strasbourg et une à Bruxelles. En fait, c’est plutôt à la Commission et au Conseil de venir au Parlement européen. Par exemple, Commission et Conseil sont présents en séance plénière quand nous votons les textes. Et surtout, ils sont là en commissions parlementaires, puisque nous avons à débattre avec eux. Donc ce n’est absolument pas dérangeant que le Parlement ne soit pas dans les mêmes lieux physiques que la Commission.

Lire aussi EURACTIV.fr, 09/02/2009.

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