May termine son tour d’Europe les mains vides

epaselect epa07223465 La chancelière allemande Angela Merkel (à gauche) accueille le Premier ministre britannique Theresa May à la Chancellerie de Berlin, Allemagne, le 11 décembre 2018. EPA-EFE/FILIP SINGER

Theresay May s’apprête à revenir les mains vides de sa visite des capitales européennes où elle a cherché à obtenir le soutien des dirigeants européens pour sauver l’accord de Brexit.

Le 10 décembre, la Première ministre britannique, Theresay May, a reporté le vote des députés britanniques sur l’accord de retrait qu’elle avait négocié avec Bruxelles. Elle avait été avertie qu’elle risquait une lourde défaite.

Au premier rang des préoccupations des parlementaires figure le statut du « filet de sécurité » de l’Irlande du Nord, qui vise à garantir qu’il n’y ait pas de retour à une frontière dure sur l’île. Toutefois, avec cet accord de retrait, le Royaume-Uni ne serait pas en mesure de se retirer unilatéralement de l’arrangement du filet de sécurité.

Pour sa première visite, Theresay May a rencontré la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin puis le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à La Haye, avant le sommet européen du 13 décembre à Bruxelles. Mais ces visites sont restées vaines.

May tente de sauver l'accord sur le Brexit

Un sommet consacré au Brexit se tiendra le 12 décembre à Bruxelles, après l’annonce du report du vote à Londres. L’éventualité d’une  renégociation est écartée par les Européens, alors que Theresa May joue ses dernières cartes pour sauver l’accord.

« Il n’y aura aucune autre négociation sur l’accord de sortie », a déclaré Angela Merkel à Berlin, faisant écho au message délivré par le chef de la Commission européenne au Parlement européen à Strasbourg le 11 décembre. Jean-Claude Juncker a en effet annoncé aux eurodéputés que c’était « le seul accord possible » et qu’une renégociation était « exclue ».

La Commission est vraisemblablement en train de se préparer à un scénario « sans accord », car elle publiera la semaine prochaine une nouvelle série d’avertissements sur le Brexit dur.

Aujourd’hui, Theresa May se rendra en Irlande pour rencontrer le Taoiseach (Premier ministre irlandais), Leo Varadkar, qui a lui aussi exclu toute concession. À ses yeux, la décision de quitter l’Union européenne en mars 2019 avec ou sans accord est entre les mains du Royaume-Uni.

« Je crois sincèrement que la plupart des gens pensent que le Royaume-Uni ne devrait pas se risquer à accepter un scénario de non-accord et qu’il lui appartient à tout moment d’écarter cette menace en révoquant l’article 50 ou, si c’est trop demandé, en l’étendant », estime le Taoiseach.

Un porte-parole de Theresa May a indiqué aux journalistes que son gouvernement n’avait nullement l’intention de demander une prolongation du processus de l’article 50.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a tweeté qu’il avait eu « une longue et franche discussion avec la Première ministre Theresa May avant le sommet de Brexit. Il est clair que l’UE des 27 veut aider. La question est comment ».

Des fonctionnaires de l’UE ont laissé entendre qu’une nouvelle déclaration sur le filet de sécurité serait publiée lors du sommet le 13 décembre.

Mais il semble très peu probable que la mission d’apaisement de Theresa May change la forme finale du filet de sécurité d’Irlande du Nord ou offre de nouvelles perspectives sur le futur accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni.

Les huit scénarios possibles pour le Brexit

Malgré le report du vote à la Chambre des communes sur l’accord de sortie de l’UE, huit scénarios demeurent possibles pour le Brexit. Un article d’Euroefe.

Theresay May continue à affirmer qu’un filet de sécurité était « une garantie nécessaire pour le peuple irlandais du Nord », et que « quelle que soit la relation future que les Britanniques veulent entretenir avec l’Europe, il n’y aura aucun accord sans filet de sécurité ».

En ajoutant toutefois qu’elle et son gouvernement « ne souhaitent pas faire usage de cet instrument » et que s’ils y étaient contraints, ils veulent être « sûrs que ce ne sera que temporaire ». « C’est ce genre d’assurances que je pars chercher auprès de mes homologues dans les jours à venir », a-t-elle conclu.

Après avoir reporté le vote des députés sur l’accord de retrait et la déclaration politique, le gouvernement n’a proposé aucune autre date, ce qui suscite des inquiétudes. Theresay May essaie-t-elle de repousser le vote final du Parlement britannique si près de l’échéance de mars qu’il fera chanter les députés pour qu’ils choisissent son accord au lieu du chaos du « no deal » ?

Mais l’opposition contre son accord se durcit de part en part, et des sources proches des conservateurs britanniques et du parti unioniste ont averti qu’ils n’attendaient rien de moins qu’un abandon du filet de sécurité et de la garantie d’un futur accord commercial pour adopter l’accord de la Première ministre.

Le parti travailliste a quant à lui révélé qu’une motion de confiance à l’encontre de Theresa May serait lancée avant Noël.

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