Le tandem Merkel-von der Leyen se donne pour tâche de sortir l’UE de la crise

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à g.) et la chancelière allemande, Angela Merkel. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL]

Après avoir dirigé l’Allemagne ensemble, elles sont à la tête de l’Europe. Alors que Berlin entame sa présidence de l’UE, la chancelière Angela Merkel et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen ont planché sur la sortie de crise de l’Union. Un article d’Euractiv Allemagne.

Jeudi 2 juillet, Ursula Von der Leyen et Angela Merkel ont discuté par vidéoconférence de la manière dont elles pourront mettre à profit la présidence allemande pour aider l’Europe à sortir de la crise.

Au cours de la conférence de presse qui a suivi, elles n’ont pas fait mystère de l’amitié qui les unit, s’adressant l’une à l’autre par leurs prénoms et riant ensemble. Ursula von der Leyen a évoqué la «joie et la cordialité » qui caractérise leurs relations.

Un passé commun

Les deux femmes ne sont pas seulement membres du même parti : l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Angela Merkel a fait entrer Ursula von der Leyen dans son premier cabinet gouvernemental en 2005, en tant que ministre de la Famille.

Jusqu’à son arrivée à Bruxelles, Ursula von der Leyen a été un pilier et un membre permanent du cabinet d’Angela Merkel. Elle a également occupé le fauteuil de ministre du Travail, puis celui de ministre de la Défense, ce qui a fait d’elle la dernière « survivante » du premier cabinet de la chancelière.

Cependant, au cours de leurs quinze années de collaboration, leurs relations n’ont pas toujours été parfaitement harmonieuses. Ainsi, Ursula von der Leyen a par deux fois, en 2004 et 2010, été en très bonne position pour accéder à la présidence de l’Allemagne, ce qui aurait fait d’elle la première femme à occuper ce poste. Mais à chaque fois, Angela Merkel a choisi un autre candidat.

La situation a dû être particulièrement difficile à vivre en 2010 pour Ursula von der Leyen, car les médias la présentaient alors comme la candidate favorite.

Plus tard cependant, lorsqu’Angela Merkel a été critiquée pour sa politique sur les réfugiés, la ministre de la Défense s’est montrée solidaire de la dirigeante. Et lorsque l’actuelle présidente de la Commission européenne a été prise entre deux feux en 2017 en raison de ses échanges avec des extrémistes de droite, Angela Merkel l’a assurée de « tout le soutien dont elle [aurait] besoin ».

L’UE « très critique » sur la question des droits de l’homme en Chine

Sur le fonds, la conférence de presse a largement porté sur la Chine et la réaction européenne à la nouvelle loi sur la sécurité à Hong Kong. La présidente de la Commission a qualifié les relations avec Pékin de « très complexes » dans certains domaines, affirmant que la Chine était à la fois un « partenaire important » et un « rival systémique ».

Les deux dirigeantes ont souligné qu’elles voulaient non seulement évoquer les relations économiques avec Pékin, mais aussi parler des droits de l’homme, sur lesquels l’Europe se dit « très critique ». Selon Angela Merkel, il est également nécessaire de discuter pour savoir comment le principe « un pays, deux systèmes » peut encore exister avec cette loi sur la sécurité.

Ursula von der Leyen n’a pas abordé la question d’éventuelles sanctions mais a déclaré que la Chine devait avoir un intérêt dans le fonctionnement des relations commerciales. Si l’Europe adoptait une position unie et confiante, a-t-elle ajouté, cela aurait un « effet à long terme en Chine ».

À propos d’un accord commercial post-Brexit, un sujet considéré comme urgent par la présidence allemande de l’UE, Angela Merkel a déclaré que les travaux avançaient déjà « à toute vapeur ». Elle a cependant souligné qu’un tel accord ne serait pas conclu à n’importe quel prix.

« Nous devons également nous préparer à un autre cas de figure », a-t-elle indiqué, autrement dit à un scénario de « no deal » (absence d’accord), ajoutant que toutes les démarches seraient menées en collaboration avec la Commission.

Un accord sur le budget à l’été

Concernant le prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE prévu les 17 et 18 juillet à Bruxelles, qui portera sur les négociations relatives au cadre financier pluriannuel (CFP, le budget septennal de l’UE), Angela Merkel a déclaré qu’elle s’y rendrait dans le but de « parvenir à un accord ».

Des négociations difficiles sont attendues, en particulier avec les « quatre frugaux » – l’Autriche, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas – qui rejettent toujours l’idée d’accorder des aides sous forme de subventions.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a encore récemment insisté sur ce point dans un entretien accordé au journal italien Corriere della Sera. Mais il a également, pour la première fois, donné des signaux d’ouverture au compromis.

Angela Merkel a encore accru la pression sur les « quatre frugaux » en refusant de reporter les négociations. Elle a déclaré qu’elle ne voyait pas d’autre option « que de parvenir à un accord dans le courant de l’été ».

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