La Macédoine se rapproche lentement mais sûrement de l’UE

Angela Merkel, la chancelière allemande, et Zoran Zaev, le Premier ministre de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, marchent côte à côte lors d’une réception avec les honneurs militaires à la Chancellerie fédérale à Berlin, le 21 février 2018. [Hayoung Jeon/EPA/EFE]

Pour Angela Merkel, le règlement du différend sur l’utilisation du nom « Macédoine » avec la Grèce n’a jamais été aussi proche.

La Macédoine est l’un des six pays des Balkans occidentaux souhaitant rejoindre le club européen, avec la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Bosnie et le Kosovo.

L’UE se montre toutefois prudente à l’idée d’accueillir une région ravagée par les guerres ethniques et où sévit le crime organisé. Elle désire en outre atténuer l’influence qu’a la Russie sur le pays et a lancé, dans ce sens, une nouvelle campagne d’intégration.

Lors d’une conférence de presse commune à Berlin avec Zoran Zaev, le Premier ministre macédonien, Angela Merkel a salué la récente réforme judiciaire entreprise par l’ancienne république yougoslave et les mesures en faveur d’une plus grande transparence. « C’est un pas nécessaire car il s’agit de l’un des critères pour entamer les négociations d’adhésion. »

Elle a également salué les progrès sur la question du nom de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine contesté par la Grèce et qui empêche l’ancienne république yougoslave de rejoindre l’OTAN et l’UE. Les deux pays ont accepté de se rencontrer pour poursuivre les discussions en vue de trouver une solution à ce différend avant le sommet de l’OTAN prévu cet été.

150 000 manifestants à Athènes contre l’utilisation du nom Macédoine

Les manifestations se multiplient suite à la reprise des négociations entre les deux pays pour régler le conflit vieux de 27 ans. Un article d’EurActiv Polska

La Grèce, qui est membre de l’OTAN et de l’UE, s’oppose à l’utilisation du nom « Macédoine » par le pays des Balkans occidentaux enclavé, avertissant que cela pourrait engendrer des revendications territoriales sur sa région septentrionale portant le même nom.

« Je suis très heureuse et soulagée que les discussions avancent. Ces dix dernières années, la solution n’a jamais été aussi proche que maintenant et ce serait merveilleux que l’on puisse remédier aux difficultés restantes », a déclaré Angela Merkel.

« Pour la Macédoine, il n’y a pas d’alternatives à une adhésion à l’OTAN et à l’UE. Il n’y a pas d’autre solution pour l’ensemble de la région », a déclaré Zoran Zaev.

Le PPE applaudit la dynamique positive sur la Macédoine

Le Parti populaire de centre-droit (PPE) est satisfait du nouveau rapprochement entre Skopje et Athènes. Les deux parties veulent en effet débloquer l’entrée de la Macédoine à l’OTAN et ouvrir les négociations d’adhésion à l’UE.  Certains eurodéputés PPE appellent toutefois à la prudence.

Les négociations entre les deux pays stagnent depuis 1991, date à laquelle la Macédoine déclare son indépendance. Elle est membre des Nations Unies depuis 1993 sous le nom provisoire d’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM).

Cependant, Skopje a déclaré début février qu’elle était prête à ajouter un qualificatif géographique à son nom pour aider à résoudre le différend.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Reuters, Ditmir Bushati, le ministre des Affaires étrangères d’Albanie, a déclaré qu’il pensait que son pays et ses voisins pourraient rejoindre l’UE dans dix ans. Interrogé sur l’influence exercée par la Russie, la Turquie ou la Chine dans son pays, il a déclaré : « les Balkans occidentaux sont considérés comme un échiquier géostratégique ».

Il ajoute que des pays, notamment le Japon, investissent en Albanie, mais souligne qu’il n’y a pas d’alternatives au processus d’adhésion à l’UE.

Angela Merkel a par ailleurs promis d’essayer d’accélérer le processus, parfois lent, de libération des fonds européens destinés aux Balkans occidentaux.

« Nous, les Européens, avons parfois besoin de trop de temps », a déclaré Angela Merkel, soulignant les longues procédures de planification pour des projets tels que la construction d’autoroutes, ce qui est frustrant pour les habitants.

La Macédoine veut relancer les négociations d’adhésion à l’UE

Les nouveaux dirigeants macédoniens sont déterminés à relancer le dialogue bloqué pour l’adhésion à l’UE et à l’OTAN. Le 12 juin, ils ont promis de renouer des relations avec la Grèce et la Bulgarie et de mettre en œuvre des réformes longtemps différées.

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