La réponse allemande à l’Europe de Macron

La présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer. [Clemens Bilan/EPA/EFE]

La vision de l’Europe de la future chancelière allemande concorde avec les propositions françaises en matière de sécurité. En revanche, elle diverge sur des questions sociales clés.

Elle sera très probablement la nouvelle chancelière allemande. La cheffe de file du parti CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a exposé sa vision de l’Europe dans un article publié dans le journal allemand Welt am Sonntag. En réponse aux récentes propositions du Président français, celle-ci a appelé à la création d’un marché commun pour les banques et plaidé pour un pacte climatique européen.

« Il nous faut une Europe plus forte », a déclaré la présidente du parti, à l’heure où l’Union fait face à une montée du protectionnisme et du nationalisme. Des déclarations qui répondent à la vision du Président français, exposées dans une tribune publiée par plusieurs grands journaux européens la semaine dernière.

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Dans une tribune adressée aux citoyens européens des 28 États membres, le président français défend un projet européen mettant l’accent sur la protection des frontières, de l’environnement, du modèle social et du commerce.

Dans ce texte vu par beaucoup comme le lancement de sa campagne pour les européennes, Emmanuel Macron avait appelé à la réforme de l’espace Schengen et à la création d’une « Agence européenne de protection des démocraties » contre les cyberattaques et les infox. Le Président français a également réitéré l’importance d’une plus grande coopération en matière de sécurité et d’une politique migratoire commune. « Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger », a écrit le Président français.

La présidente de la CDU s’est globalement alignée sur la vision française en matière de sécurité, soulignant que l’Union devait pouvoir disposer de forces frontalières communes. Celle-ci a également appelé à la création d’un siège permanent pour l’UE au Conseil de sécurité de l’ONU, une requête maintes fois formulée par l’Allemagne mais à laquelle la France ne compte pas céder.

Annegret Kramp-Karrenbauer a appelé à stimuler la prospérité au sein de l’UE mais s’est opposée à l’idée d’un salaire minimum européen avancée par Emmanuel Macron. Le centralisme européen et « l’européanisation des services sociaux et la mise en place d’un salaire minimum ne seraient pas une bonne solution », a-t-elle expliqué.

La chancelière actuelle, Angela Merkel, n’a pas réagi à la tribune du Président français. Son mandat s’achèvera en 2021 et celle-ci a déclaré qu’elle ne se représenterait plus. Certains pensent toutefois qu’elle ne tiendra pas jusque-là et que sa malheureuse « grande coalition » gauche-droite pourrait imploser.

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