Nathalie Loiseau défend la politique de cohésion européenne

Consultation citoyenne à la Maison de la Photographie, 9 mai 2018 [Nicolas Bellière]

Lors d’une consultation citoyenne tenue à la Maison de la photographie le 9 mai, la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a défendu les fonds structurels européens et les réalisations cofinancées par ces derniers.

Mercredi 9 mai, Nathalie Loiseau, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement et le député La République en marche Pacôme Rupin, qui se sont collés à l’exercice quelque peu périlleux du dialogue avec les citoyens.

Au cours d’une discussion ayant abordé de nombreux thèmes, la ministre a affiché son soutien à la politique de cohésion européenne.

Répondant à l’interpellation d’un citoyen revendiquant une meilleure implication des territoires dans le projet européen, Nathalia Loiseau a rappelé qu’« il y a une politique à destination des régions en Europe, mais personne ne le sait », et pointé la responsabilité des régions pour un tel état des faits.

« Quel est le président de région qui va vous dire que la ligne à grande vitesse Paris-Renne, ou encore celle Paris-Bordeaux, n’auraient pas été possibles sans des financements européens ? a-t-elle fustigé. « C’est des centaines de millions d’euros à chaque fois et sans l’Union européenne on ne l’aurait pas fait. »

« Je dirais même que sur les sujets transports et grands investissements, la France est première bénéficiaire des fonds européens. On ne l’entend pas très souvent de la part des régions », a regretté la ministre.

Europe à plusieurs vitesses

Fidèle à son ancien poste de directrice de l’ENA, c’est sur un ton neutre voire pédagogique que Nathalie Loiseau a répondu aux citoyens.

Sur l’État de droit par exemple, et les critiques formulées à cet égard contre la Pologne et la Hongrie, Nathalie Loiseau a salué la « décision courageuse » de la Commission, qui a récemment proposé de restreindre l’accès aux fonds européens en cas de violation de l’État de droit.

Bruxelles conditionne ses subventions à l'État de droit

Dans son projet de budget, la Commission veut « restreindre l’accès aux fonds de l’UE » en cas de violation de l’État de droit dans son projet de budget. Une initiative sans précédent qui cible la Pologne et la Hongrie.

Tout en défendant le principe d’Europe à plusieurs vitesses, la ministre a relevé que ce dernier ne pouvait s’appliquer « aux valeurs fondamentales de l’Union européenne ».

Au contraire, cette dernière doit concerner les grands projets tels que l’harmonisation fiscale. « Quand on y arrive pas à 27 (…), on n’a qu’à se mettre d’accord avec ceux qui sont prêts à aller de l’avant. C’est ce qu’on est en train de faire avec l’Allemagne sur l’impôt sur les sociétés, à la fois sur la question des taux et celle de l’assiette », a détaillé la ministre.

Consultations larges, rendu incertain

Si certaines thématiques (l’éloignement des institutions, la laïcité) et quelques propositions concrètes (étendre Erasmus à d’autres niveaux scolaires que celui universitaire) sont revenues dans plusieurs interventions du public, force est de constater l’hétérogénéité de la discussion et le large spectre des sujets abordés.

Pôles de compétitivité, taxation des GAFA, culture ou encore carte d’identité européenne : face à la diversité des préoccupations citoyennes et des opinions exprimées, la question du rendu final s’impose rapidement. Quelle synthèse des consultations sera opérée et présentée aux chefs d’Etats et de gouvernement en décembre prochain, au sommet durant le résultat de ces échanges sera discuté ?

Reconnecter les citoyens à Bruxelles, le pari ambitieux des consultations citoyennes

La France espère reconnecter Bruxelles et les citoyens européens en suscitant des débats organisés par la société civile. La participation de Jean-Claude Juncker à la première rencontre le 17 avril reste en suspens.

 

Nathalie Loiseau a apporté quelques précisions sur le sujet, bien que l’affaire ne soit pas encore réglée. D’après la ministre, la synthèse de l’ensemble des consultations citoyennes sera opérée dans un premier temps « au niveau national », sur la base des comptes rendus réalisés par chaque organisateur d’une consultation et selon une méthode encore en cours de réflexion par le Conseil économique, social et environnemental.

Au niveau européen, les discussions autour des consultations pourraient impliquer plusieurs acteurs. « Le Parlement européen est intéressé pour faire quelque chose, le Conseil économique et social européen également », a précisé la ministre, tout en rappelant que «  [la France a] impulsé beaucoup d’idées dans ce projet de consultations citoyennes sur l’Europe, maintenant nous voudrions que le reste de nos partenaires européens se les approprie ».

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