Nord Stream 2 : la décision d’arrêter le projet reviendra à l’Allemagne

La chancelière allemande Angela Merkel (à gauche) et le président russe Vladimir Poutine (à droite) lors de la conférence internationale sur la Libye à Berlin, le 19 janvier 2020 [Hayoung Jeon/EPA/EFE]

L’Union européenne n’a pas besoin du gazoduc Nord Stream 2 pour sa sécurité énergétique, mais toute décision d’arrêter le projet de transport de gaz naturel russe vers l’Allemagne devrait venir de Berlin, a déclaré mardi (23 février) un haut fonctionnaire européen.

Le projet de gazoduc de 11 milliards de dollars mené par la compagnie énergétique d’État russe Gazprom, qui est achevé à plus de 90 %, doublerait la capacité d’un gazoduc sous-marin existant qui contourne l’Ukraine et prive Kiev de droits de transit.

Le projet oppose l’Allemagne, la plus grande économie de l’UE, aux pays d’Europe centrale et orientale qui affirment qu’il augmenterait la dépendance du bloc vis-à-vis du gaz russe.

« Pour l’Union européenne dans son ensemble, Nord Stream ne contribue pas à la sécurité de l’approvisionnement », a déclaré Ditte Juul Jorgensen, directrice générale du département énergie de la Commission, aux législateurs de la commission de l’industrie du Parlement européen.

Les investissements réalisés au cours de la dernière décennie dans d’autres gazoducs, terminaux d’importation de gaz naturel liquéfié et interconnecteurs en Europe ont déjà permis de garantir un approvisionnement suffisant pour répondre aux besoins énergétiques de l’Union, a-t-elle déclaré.

Toute décision d’arrêter le projet devrait être prise par l’Allemagne, a déclaré Juul Jorgensen.

« L’arrêt effectif de la construction nécessiterait une décision au niveau national. Ce n’est pas une décision qui peut être prise au niveau européen », a-t-elle déclaré.

Nord Stream 2 a fait l’objet d’une surveillance accrue, les relations européennes avec la Russie s’étant détériorées en raison du traitement réservé au critique du Kremlin Alexei Navalny.

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Le mois dernier, le Parlement européen a demandé à l’UE d’arrêter l’achèvement du gazoduc en réponse à l’arrestation de Navalny.

Lundi, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont convenu d’imposer des sanctions à quatre hauts fonctionnaires russes proches du président Vladimir Poutine, dans un geste essentiellement symbolique sur cette question.

Malgré les sanctions américaines contre le gazoduc, Berlin a soutenu Nord Stream 2, qui est un projet commercial.

[édité par Mathieu Pollet]

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