Nouveau « plan B » dans les négociations sur la pêche UE-UK

« On va mettre à mal et les pêcheurs et les stocks de poisson », estime l'eurodéputée française Caroline Roose (Verts/ALE). [photoneye/Shutterstock]

L’Union européenne et le Royaume-Uni se sont accordés sur une prolongation des quotas provisoires de pêche jusqu’au 31 juillet lors du Conseil AGRIPECHE ce mardi (23 mars). L’absence de quotas définitifs est « regrettable » aux yeux de l’eurodéputée française Caroline Roose.

« On a beaucoup parlé de plans A ces derniers temps », mais c’est finalement un « plan B » que le Conseil européen « Agriculture et Pêche », dit AGRIPECHE, a accepté mardi, selon le Virginijus Sinkevičius, Commissaire européen pour l’environnement, les océans et la pêche. Au bout d’une « longue journée et une longue nuit de négociations », le Conseil aurait trouvé un compromis avec le Royaume-Uni.

Ce plan de secours prévoit de prolonger l’accord provisoire sur les totaux admissibles de captures (TAC) – les quotas de pêche actuellement en place – jusqu’au 31 juillet alors qu’il allait expirer ce 31 mars. L’UE et le Royaume-Uni s’étaient accordés en décembre dernier à renouveler les TAC de 2020 pour les stocks partagés alors que l’issue des négociations sur un accord commercial post-Brexit était encore incertain.

L’accord de commerce et de coopération trouvé à la dernière minute prévoit une période transitoire jusqu’en juin 2026 pendant laquelle les pêcheurs européens vont progressivement devoir céder 25 % de leurs prises dans les eaux britanniques. Or, les quotas précis pour l’année 2021 n’ont toujours pas été définis et restent au cœur des tensions entre les deux parties.

Si l’arrangement provisoire de cette semaine « garantit que nos pêcheurs peuvent continuer leurs opérations après le 31 mars, j’espère que nous allons très vite pouvoir le remplacer par des TAC définitifs », a fait savoir M. Sinkevičius. Les consultations avec le Royaume-Uni en vue de conclure les négociations en cours depuis des mois auraient « progressé de manière significative » et dans une « atmosphère constructive » la semaine dernière, selon le Commissaire.

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Toutefois, la clé de répartition des TAC entre l’UE et le Royaume-Uni qui s’applique depuis le 1er janvier 2021 « ne devrait pas être considérée comme un précédent », selon le ministre portugais de la Mer, Ricardo Serrão Santos.

L’eurodéputée française Caroline Roose (Verts/ALE), membre de la Commission de la Pêche au Parlement européen, va plus loin : l’absence de quotas définitifs pour l’année 2021 serait « regrettable », a-t-elle fait savoir en entretien avec EURACTIV. « On est fin mars et il ne se passe toujours rien. »

Les TAC provisoire mettraient les pêcheurs français « en danger » et risqueraient de nuire aux objectifs européens en matière de pêche durable, selon Mme Roose. Pour l’eurodéputée, faire encore durer les négociations ne serait qu’un « prétexte » du Royaume-Uni pour retarder la délivrance de licences de pêche aux Européens.

« On va mettre à mal et les pêcheurs et les stocks de poisson », estime Mme Roose. Un problème qui risque de s’éterniser car les TAC doivent être négociés chaque année – et « chaque année on va se retrouver dans la même situation ». Côté français, on espérerait donc « que les TAC soient fixés rapidement », poursuit l’eurodéputée, « et qu’ils soient définitifs ».

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