Olaf Scholz, en route pour les élections fédérales allemandes de 2021

Le ministre allemand des Finances et candidat à la chancellerie, Olaf Scholz. Août 2020. EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL

Olaf Scholz doit emmener les sociaux-démocrates (SPD) jusqu’aux élections fédérales allemandes de 2021. Au vu de la concurrence verte à l’horizon, la tâche ne sera pas facile pour ce parti à la dérive. Un article d’Euractiv Allemagne.

Bien que les élections du Bundestag ne se tiendront que dans un peu plus d’un an, la machine est déjà lancée à la Willy-Brandt-Haus, le siège du parti social-démocrate d’Allemagne (SPD). En effet, Olaf Scholz devrait devenir la nouvelle figure de proue du SPD et le premier candidat officiel à la chancellerie allemande. M. Scholz a par ailleurs déjà déclaré qu’il souhaitait obtenir au moins 20 % des voix lors des élections. Néanmoins, cette annonce ne sonne pas particulièrement ambitieuse, car selon l’Institut de sondage Kantar, le parti se situe actuellement à 18 %, et dépasse ainsi celui des verts de deux pour cent.

Les deux partis pourraient être au coude-à-coude tout au long de l’année prochaine. Ainsi, le chemin qu’empruntera M. Scholz face aux politiques verts sera décisif. Pour l’instant, l’ancien maire de Hambourg ne s’est pas révélé être un grand leader en matière de protection de l’environnement. Olaf Scholz est plutôt connu pour avoir mis en place une politique budgétaire concrète qui a longtemps maintenu un équilibre (die ‘schwarze Null’), et ce, jusqu’à la crise sanitaire liée au coronavirus.

Allemagne : Olaf Scholz, ministre des Finances, nommé candidat du SPD à la chancellerie

Le parti social-démocrate (SPD) a désigné ce lundi 10 aout 2020 l’actuel ministre des Finances, Olaf Scholz, pour être le candidat du parti à la chancellerie lors des élections de 2021, à l’issue du quatrième et officiellement dernier mandat d’Angela Merkel (CDU).

Un changement de cap ?

Selon Matthias Miersch, chargé des questions de l’environnement et de la protection de la nature au sein du SPD, le parti amorce régulièrement des débats afin de trouver des façons de lier le climat à l’équité sociale. Ces questions sont d’ailleurs abordées dans le plan de relance post COVID-19 du pays sous la rubrique de prime à la casse pour les véhicules à moteur thermique. En temps normal, ce sujet figurait parmi les préoccupations habituelles du parti, mais cette fois, il a refusé la mise en œuvre de la prime. Pour Kai Niebert, président de la fédération allemande des associations de la nature, il s’agit d’une évolution radicale dans le camp des sociaux-démocrates. L’année dernière, d’intenses débats avaient fait rage au sein du parti concernant le paquet climatique imaginé, dans lequel le SPD appelait à la création d’une taxe CO2, mais n’a pas pu obtenir gain de cause.

Face aux chrétiens-démocrates (CDU), le parti avait aussi dû essuyer un échec dans les négociations sans relâche sur les règles de distance relatives aux éoliennes tandis qu’il s’était fermement opposé à l’application d’une distance minimum entre chaque dispositif. Finalement, il avait approuvé un compromis partiel de « solution expresse » pour tous les Länder.

Aux yeux de Matthias Micus, membre du SPD et chercheur à l’Institut de recherche sur la démocratie de l’Université de Göttingen, les sociaux-démocrates n’ont pas suivi de feuille de route cohérente en matière de politique climatique jusqu’à présent. « Par rapport à la vision prônée par les Verts, le SPD place également la politique environnementale au rang de ses préoccupations, mais elle n’en constitue pas le noyau. Le parti ne peut donc pas être aussi cohérent sur ces questions que les Verts », a-t-il avancé. Selon lui, l’électorat comporte une ambivalence : parmi les électeurs fidèles, beaucoup travaillent encore dans le secteur industriel, et représentent donc une classe moyenne bien rémunérée. En principe, ils perçoivent la protection de l’environnement comme primordiale, mais les profonds bouleversements dans le monde du travail et le déclin social les inquiètent tout autant. « Il y a toujours un “mais” dans notre subconscient », explique M. Micus, « et il résonne constamment dans la tentative du parti visant à façonner une politique industrielle soucieuse de l’environnement. »

Le SPD relance le débat sur les armes nucléaires américaines en Allemagne

L’Allemagne devrait « exclure le stationnement d’armes nucléaires américaines », estime Rolf Mützenich, le leader des sociodémocrates (SPD) au Bundestag. D’autres membres du SPD remettent en question le rôle de l’Allemagne dans la stratégie nucléaire de l’OTAN.

Les faux pas de la Große Koalition

D’après Nina Scheer, la porte-parole chargée de l’environnement au sein du SPD, la formation de la coalition au pouvoir entre l’Union (CDU/CSU) et le SPD n’a pas aidé à résoudre cette ambiguïté. « La GroKo a fait de nombreux faux pas en matière de politique climatique, et nous en prenons également naturellement la responsabilité ». La conversion de la loi sur les énergies renouvelables (EGG) en un modèle d’appel d’offres, inscrite dans l’accord de coalition de 2013, a été particulièrement catastrophique. « C’était une grave erreur. Le SPD avait œuvré à la création de l’EGG et soudainement, il a fallu soutenir un compromis, à la suite duquel une limite totalement absurde de production d’énergies renouvelables a été approuvée », déplore Mme Scheer, ouvertement critique à l’égard de la GroKo. Au fil de l’été prochain, alors que les objectifs climatiques pour 2020 auront fini en eau de boudin, son parti « devrait tirer la sonnette d’alarme » – des objectifs pourtant encore atteignables selon les experts, et ce, en raison de la pandémie de COVID-19.

Une éventuelle coalition entre le SPD, la Gauche et les Verts

Le SPD siégera au sein de la GroKo pendant encore un an. Mme Scheer souhaite « s’attaquer enfin à la source du problème ». En d’autres termes, le développement des énergies renouvelables devrait être porté à « au moins 75 % d’ici à 2030 », notamment en simplifiant grandement les procédures d’autorisation concernant les parcs éoliens. Le SPD doit également s’engager à la sortie du charbon avant la date préalablement décidée (2038), une possibilité envisageable selon le projet de loi en la matière adopté par le parlement allemand. Pour Nina Scheer il est inutile de chercher à distinguer le SPD des Verts sur le plan de la politique climatique. « Nous n’allons pas modifier nos lignes directrices pour le simple plaisir de nous différencier des Verts ».

Les lignes directrices de la politique sociale, environnementale et économique devraient se rapprocher des visions écologistes. Ainsi s’ouvrirait l’éventualité d’établir une coalition rouge-rouge-verte (le SPD, la Gauche et les Verts), si le nombre de voix est suffisant pour rassembler une majorité. En outre, dans son discours de candidature, Olaf Scholz a une nouvelle fois souligné qu’il n’y aurait plus de Große Koalition avec la CDU/CSU.

Selon M. Micus, une coalition rouge-rouge-verte pourrait être possible. Toutefois, elle demanderait une certaine préparation. « Avant tout, il est nécessaire de régler au mieux les différends, et ce, en définissant des projets communs aux trois partis ». À cet égard, la protection du climat et le renforcement de l’économie après la COVID-19 rassemblent tous les partis. Par ailleurs, l’équité sociale revêtira d’une importance capitale, ce qui pourrait représenter une chance extraordinaire pour le SPD.

Scandale Wirecard : Bruxelles demande une enquête sur la BaFin allemande

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