Olli Rehn se lance dans la course à la présidence de la Commission

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Le vice-président de la Commission en charge des affaires économiques et monétaires aurait déclaré à la presse finlandaise qu’il se présenterait comme tête de liste des libéraux aux élections européennes. Il pourrait ainsi devenir le prochain président de la Commission.

Selon le journal Helsingin Sanomat, Olli Rehn pourrait devenir candidat au poste de chef de file de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) dans le cadre des prochaines élections parlementaires européennes.

Interrogé par EURACTIV, le cabinet du vice-président de la Commission n'a pas nié l'annonce d'une éventuelle candidature.

« Nous mettons en évidence l'engagement européen continu du vice-président Rehn. Il revient au vice-président lui-même de décider s'il participe ou non aux élections. Pour le moment, aucune n'a encore été prise. »

L’ADLE se réunira en novembre à Londres pour établir leur liste de candidats.

En Finlande, le Parti du centre et le Parti populaire suédois font tous deux partie de l'ADLE. Au début des années 1990, Olli Rehn était alors le vice-président du Parti du centre. Ce parti d'orientation centriste et libéral avait obtenu 15,8 % des voix lors des dernières élections en 2011. Les deux partis ont exprimé leur soutien à la candidature d'Olli Rehn, rapporte le site Internet finlandais YleUutiset.

Les leaders des familles politiques deviennent automatiquement candidats au poste de président de la Commission lors des élections.

En vertu du traité de Lisbonne, et pour la première fois en 2014, le prochain président de la Commission sera désigné en tenant compte des résultats européennes.

Étant donné les modestes résultats de l'ADLE lors des dernières élections de 2009 (84 eurodéputés sur 736), il est très improbable que les libéraux battent les deux autres grands groupes politiques : le Parti populaire européen (265 sièges) et le Parti socialiste européen (184 eurodéputés).

Le candidat de l'ADLE pourrait toutefois avoir une chance d'obtenir le poste si aucun candidat de centre-gauche ou de centre-droit ne sort clairement vainqueur des urnes.  Le Parti socialiste européen (PES) et le Parti populaire européen (PPE) ont déjà annoncé qu'ils choisiraient leur candidat bien avant les élections , en mai, afin de mobiliser les électeurs. Certains prédisent que l'Allemand Martin Schulz, l'actuel président du Parlement européen, deviendra vraisemblablement le candidat pour le PES.

Promotion au sein du cabinet Barroso II

Olli Rehn est le seul commissaire à avoir été promu au sein du cabinet Barroso II. En octobre 2011, il est devenu le vice-président de la Commission et en quelque sorte le « ministre des affaires économiques de la zone euro ».

S'il veut devenir le candidat de l'ADLE, il devra recevoir le soutien des forces libérales des États membres de l’UE.  Dans de nombreux pays, la population pense que le commissaire finlandais prêche l'austérité, mais qu'il n'est pas un homme politique véritablement libéral.

Sa candidature pourrait irriter au moins deux poids lourds de la scène politique. D'une part, l'actuel chef de file du groupe ADLE au Parlement européen : Guy Verhofstadt, considéré comme le candidat libéral par nature.

D'autre part, le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen (membre d'un parti affilié au PPE), candidat potentiel au poste de chef de file de la famille politique de centre-droit. Il est peu probable que les têtes de liste de deux grandes familles politiques européennes proviennent du même pays.

Lors de la première Commission Barroso, M. Rehn était responsable de l'élargissement de l'UE. Il est l'architecte des négociations avec la Bulgarie et la Roumanie, qui ont rejoint l'UE en 2007, dans le cadre d'un mécanisme de contrôle sans précédent de leurs systèmes d'application des lois.

Lors de son précédent mandat en tant que commissaire, M. Rehn a souvent séduit ses hôtes par son naturel, notamment en organisant des matchs de football amicaux un peu partout. Il a d'ailleurs joué comme footballeur semi-professionnel dans sa jeunesse. Ses nouvelles responsabilités ne lui permettent toutefois plus d'avoir recours à ce genre de méthodes pour conquérir l’adhésion populaire nécessaire à sa campagne.

Les élections européennes de 2014 seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui visait à renforcer le rôle du citoyen européen en tant qu'acteur politique dans l'UE.

Le traité de Lisbonne renforce également les pouvoirs du Parlement européen, ce qui consolide son rôle en tant que colégislateur et lui accorde davantage de responsabilités. Le Parlement élit le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen en prenant en compte les résultats des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du traité sur l'Union européenne).

  • 28 nov. 2013 : congrès du parti ADLE à Londres
  • 22-25 mai 2014 :  élections européennes

Presse

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