Paris et Berlin défendront un candidat commun au poste de président du Conseil européen

Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il était «sur la même ligne» que son homologue allemande Angela Merkel. Il s’est également félicité des négociations climatiques menées pendant le Conseil européen.

A l’issue du Conseil européen, vendredi 30 octobre, le président Nicolas Sarkozy s’est déclaré satisfait des avancées de la réunion avec ses homologues.

«L’Europe ira unie et déterminée» à Copenhague, a-t-il dit. Il s’est par ailleurs félicité de l’inclusion d’un «mécanisme aux frontières» dans les conclusions. «C’est la première fois que ce mécanisme est mentionné dans les conclusions», s’est-il félicité.

Mais à y regarder de plus près, le passage auquel fait allusion Nicolas Sarkozy n’évoque pas directement une taxe carbone aux frontières. Le paragraphe 22 des conclusions du Conseil européen rappelle en effet que, selon la directive sur le système d’échange des quotas, la Commission peut proposer des solutions qui lui paraissent adéquates si elle estime que la conférence de Copenhague débouche sur un accord exposant certains secteurs à des «fuites carbone». 

Eviter le blocage

Bruxelles pourra alors proposer la mise en place d’un «mécanisme aux frontières», si cher au président français; mais aussi l’allocation gratuite de davantage de quotas de CO2 aux entreprises européennes. «Ce texte laisse beaucoup de liberté à la Commission. C’est elle qui conserve le droit d’initiative», affirme-t-on au Conseil de l’UE, avant de rappeler que le paragraphe 22 des conclusions est quasiment un «copier-coller» des conclusions du Conseil environnement du 21 octobre.

Commentant l’échec des 27 à avancer des sommes précises pour l’aide aux pays en développement à lutter contre le changement climatique, Nicolas Sarkozy a affirmé : «En matière européenne, on avance par consensus.» Il a par ailleurs annoncé que l’Allemagne, la France et le Brésil avaient l’intention de préparer un texte pouvant «faire consensus» à la conférence de Copenhague.

Sur le terrain institutionnel, le chef de l’État a évoqué, passablement agacé, les concessions faites à la République tchèque sur le traité de Lisbonne (EURACTIV.fr, 30/10/2009). «Quelle était l’autre possibilité? Le blocage? Avec cet accord, nous pouvons enfin tourner la page de dix ans de débat institutionnel stérile», a-t-il affirmé.

Des noms dans les couloirs 

Une fois le traité de Lisbonne entré en vigueur, probablement le 1er décembre, il restera aux dirigeants européens à s’accorder sur les noms des deux titulaires des postes créés par le texte. Mais le président français a refusé d’évoquer le moindre nom. 

«Vous dire qu’on n’a pas parlé des noms dans les couloirs serait absurde», a-t-il toutefois concédé. Avant de confirmer implicitement que la France ne soutenait plus Tony Blair au poste de président permanent du Conseil européen : «Vous savez bien que les noms de la première vague ne sont pas les vainqueurs de la seconde.» Le président français avait été le premier dirigreant européen à appuyer la candidature de l’ancien premier ministre britannique.

Nicolas Sarkozy a annoncé que la France soutiendrait le même candidat que l’Allemagne au poste de président permanent du Conseil européen. Mais Paris et Berlin ne feront aucune annonce tant que le traité de Lisbonne ne sera pas entré en vigueur. 

Les chefs d’État et de gouvernement devraient se réunir au cours de la deuxième quinzaine de novembre pour nommer le président du Conseil européen et le ministre des Affaires étrangères de l’UE.

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