Paris et Berlin veulent relancer le triangle de Weimar

Bernard Kouchner et son homologue allemand ont souligné l’importance de la relation entre le France, l’Allemagne, et la Pologne.

Le temps est aux symboles. A quelques jours de l’anniversaire des vingt ans de la chute du mur de Berlin et des commémorations du 11 novembre, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a reçu son homologue allemand Guido Westerwelle, lundi 2 novembre. Le tout nouveau ministre des Affaires étrangères du gouvernement Merkel effectuait sa deuxième visite à l’étranger depuis sa nomination.

Les deux hommes ont indiqué vouloir relancer le triangle de Weimar. Cette expression désigne la coopération trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne, lancée en 1991 par les trois pays. Depuis, Paris, Berlin et Varsovie organisent ainsi régulièrement des réunions entre leurs ministres. Bernard Kouchner a annoncé que la prochaine d’entre elles se tiendrait à Berlin. 

«Nous sommes convaincus que le triangle de Weimar est une très bonne institution, et qu’il faut la redynamiser», pour faire avancer l’Europe, a déclaré le ministre allemand, qui était en visite à Varsovie quelques jours plus tôt. 

Bilan mitigé

«Il fallait trouver quelque chose pour relancer la relation franco-allemande», juge le politologue de l’Institut français des relations internationales (IFRI) Philippe Moreau-Desfarges, laissant entendre que le triangle de Weimar n’est qu’un prétexte. «Un couple, c’est déjà difficile, alors un triangle…», poursuit-il. 

Le chercheur tire un bilan plutôt mitigé de l’existence de cette instance. «Le but du triangle était de montrer qu’il existait une politique commune franco-allemande à l’égard de l’Europe orientale. Mais ça n’a jamais très bien marché.» Pourquoi? «Primo, la France et l’Allemagne ont toujours eu une politique différente en direction des pays d’Europe centrale et orientale. Deuxièmement, la Pologne n’est pas un pivot de la région», répond Philippe Moreau Desfarges.

Cette annonce des deux ministres intervient trois jours avant la tenue d’un sommet franco-polonais, jeudi 5 novembre à Paris. Les deux pays aborderont notamment les sujets agricoles et climatiques.

Entretien hebdomadaire 

Les divergences entre la Pologne, l’Allemagne et la France ne manquent pas. Récemment encore, au Conseil européen des 29 et 30 octobre, la Pologne a pris la tête d’une fronde de neuf pays d’Europe de l’Est demandant la prise en compte du PIB dans la répartition du coût du changement climatique entre les pays de l’UE. Varsovie a exposé une vision totalement divergente de l’Allemagne. Comme la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, Berlin plaide en effet pour la répartition du «fardeau climatique» en fonction des émissions de gaz à effet de serre (EURACTIV.fr, 02/11/2009).

Par ailleurs, les deux ministres ont annoncé avoir convenu de s’appeler une fois par semaine pour aborder les sujets importants, «et pas seulement en politique européenne», a précisé Guido Westerwelle. «Quand les gouvernements français et allemand se mettent d’accord, c’est toujours une contribution importante au niveau européen», a-t-il ajouté.

Le 30 octobre, à l’issue du sommet européen, Nicolas Sarkozy a annoncé la volonté commune de Paris et Berlin de soutenir un même candidat au poste de président stable du Conseil européen (EURACTIV.fr, 02/11/2009).

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