Paris présente ses propositions de réforme sur l’élargissement

La France va présenter mardi à ses partenaires de l’UE ses propositions pour réformer le processus d’adhésion et tenter de dissiper le ressentiment provoqué par son opposition à l’ouverture des négociations avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

La réunion des ministres des Affaires européennes à Bruxelles sera l’occasion d’une « première discussion » sur ces propositions, qui seront défendues par la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin. « Le vrai rendez-vous sera le sommet entre l’UE et les pays des Balkans occidentaux les 6 et 7 mai 2020 à Zagreb », a-t-on insisté de source diplomatique française.

La France fait barrage à l’élargissement européen

La France a bloqué l’ouverture des négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord à l’UE. Celle-ci avait pourtant promis de récompenser Skopje par un ticket d’entrée pour l’UE grâce à l’accord historique de Prespa conclu avec la Grèce.

Paris a soumis ses propositions vendredi à ses partenaires et elles ont aussitôt été mises sur la place publique sans qu’aucune discussion n’ait encore eu lieu. Les premières réactions vont du soutien à la méfiance, a-t-on confié de même source.

Le document consulté par l’AFP décrit un processus d’élargissement « plus progressif et plus incitatif » pour les pays candidats. Paris insiste sur son « soutien sans équivoque » à la perspective européenne des six pays des Balkans occidentaux : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro, Macédoine du Nord et Serbie.

Mais « les profondes transformations politiques, économiques et sociales requises pour une future adhésion à l’Union européenne restent trop lentes et les avantages concrets pour les citoyens des pays candidats restent insuffisants », déplore le document. Cette position tranche avec l’avis de la Commission européenne favorable à l’ouverture des négociations avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

L’unanimité des États membre est nécessaire pour engager ce processus et le refus de la France a été condamné en des termes peu amènes. « C’est une lourde erreur historique », ont déploré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, lors du dernier sommet européen.

Les eurodéputés dénoncent l'échec des négociations sur l'élargissement

Reporter les négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie serait une « grave erreur » selon Donald Tusk, mais aussi plusieurs eurodéputés.

Paris reconnaît la nécessité d’un « travail d’explications » vis-à-vis de ses partenaires. Les propositions françaises ne sont « ni un prétexte pour tout bloquer, ni une contribution superficielle, mais une réflexion de fond », a-t-on affirmé de source diplomatique.

« L’objectif est de construire un processus plus politique, plus efficace et plus bénéfique pour l’UE et pour les pays des Balkans occidentaux », soutient Paris. « Il s’agit d’obtenir les réformes demandées plus rapidement et qu’elles soient tangibles, durables et irréversibles », a insisté une source diplomatique.

Le processus actuel comprend 35 chapitres de négociations dont il faut attendre qu’elles soient toutes conclues, et les candidats ont tendance à attendre le dernier moment pour engager les réformes les plus difficiles, a-t-elle souligné.

La France conditionne son accord à l’ouverture des négociations d’adhésion à la réforme préalable de ce processus et exige des candidats le plein respect de l’État de droit et des droits fondamentaux.

Dans ses propositions, Paris défend une approche par étapes successives organisées autour de blocs politiques avec à la clef la possibilité de bénéfices immédiats pour les pays candidats, autorisés à participer aux programmes de l’UE et, « le cas échéant », à bénéficier de certains financements ciblés à chacune des étapes.

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