Parlement européen : la bataille du siège vire à l’aigre avec la France

La bataille du siège du Parlement européen a viré à l'aigre mercredi 25 novembre entre la France et le président de cette assemblée, l'Italien David Sassoli, "surpris et fâché" par les pressions du gouvernement français. [Kiev.Victor/shutterstock]

La bataille du siège du Parlement européen a viré à l’aigre mercredi 25 novembre entre la France et le président de cette assemblée, l’Italien David Sassoli, « surpris et fâché » par les pressions du gouvernement français.

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a rendu public un courrier pressant David Sassoli d’une « reprise au plus vite » des travaux du Parlement à Strasbourg, malgré les décisions prises par chaque Etat membre pour limiter les déplacements afin de limiter la propagation de la pandémie.

De fait, en raison de la crise sanitaire, le Parlement européen n’a pas pu tenir de session plénière à Strasbourg depuis février.

M. Beaune a également demandé dans son courrier « la pleine transparence sur les projets d’implantation ou de possibles transferts » du Parlement européen. Il a par ailleurs réclamé une réflexion sur « la relocalisation à Strasbourg d’autres services du Parlement européen en profitant de l’opportunité que constitue le bâtiment Osmose dont la construction doit s’achever prochainement à proximité du parlement« .

Le président du Parlement européen a fait savoir qu’il avait été « surpris et fâché » par ce courrier, car « il a eu un entretien cordial hier (mardi) avec Clément Beaune et que ce dernier ne lui a rien dit de cette lettre« , a déclaré une de ses porte-parole à l’AFP.

David Sassoli a jugé que ce n’était « pas très correct« , a-t-elle ajouté. La lettre est « limite dans son contenu, car Beaune demande de déplacer une partie des employés de Bruxelles à Strasbourg. Cela va au-delà d’une relation entre une institution Européenne et un gouvernement national« , a-t-elle poursuivi.

« David Sassoli reste bien sûr disponible pour organiser un retour à Strasbourg le plus rapidement possible. Mais toute cette communication, ainsi que la lettre des élus de la région qui relayait des fausses informations n’aide pas. Surtout dans cette situation compliquée par la pandémie« , a-t-elle expliqué.

Le président du Parlement n’entend « pas répondre ni à la lettre des élus ni à la lettre de Beaune aujourd’hui« , a-t-elle conclu.

Les élus de la région de Strasbourg ont pour leur part interpellé David Sassoli pour dénoncer le projet de rénovation de l’hémicycle de Bruxelles pour un montant de 500 millions d’euros.

Les services du Président du Parlement se sont dit surpris. « On ne sait pas d’où sort ce chiffre« , a indiqué la porte-parole.

Strasbourg est le siège officiel du Parlement européen, ce qui est inscrit dans les traités. Mais le Parlement européen a un second hémicycle à Bruxelles, là où siègent la Commission et le Conseil européen, et ne siège en plénière à Strasbourg que trois jours par mois.

Un nombre croissant d’élus européens dénoncent le coût financier et écologique de la transhumance mensuelle d’environ 2500 personnes vers Strasbourg, et votent des résolutions réclamant un siège unique. L’unanimité est requise pour modifier les traités.

 

 

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