Le Parlement relance la course à la vice-présidence de la BCE

Peter Altmaier (à gauche), le ministre allemand des Finances, et Luis de Guindos, le ministre espagnol de l’Économie, se croisent au début de la rencontre des ministres des Finances à Bruxelles, le 6 novembre 2017. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les eurodéputés ont déclaré que la candidature de Philip Lane, de la Banque centrale d’Irlande, était plus pertinente que celle du favori des gouvernements européens, Luis de Guindos.

La candidature de l’Espagnol Luis de Guindos à la vice-présidence de la BCE vient de subir un contre-coup au Parlement européen.

À l’issue d’un échange de vues au sein de la commission économique et monétaire, Roberto Gualtieri, son président, a déclaré que certains groupes avaient exprimé des « réserves » à propos de la candidature de Luis de Guindos à la vice-présidence de la BCE. « La plupart des groupes politiques considère que la candidature du gouverneur Philip Lane est plus pertinente. »

Les eurodéputés socialistes espagnols, les Verts et les groupes de gauche ne voient pas d’un bon œil la potentielle nomination de Luis de Guindos comme successeur de Vítor Constâncio après son départ le 31 mai.

Les détracteurs insistent sur le fait que l’Espagnol est trop « politique », contrairement à Philip Lane, doté d’une expérience universitaire impressionnante et banquier central d’Irlande depuis 2015.

« Sa mauvaise gestion des finances de l’Espagne, les possibles conflits d’intérêts de son passé de banquier d’affaires et son refus de démissionner de son rôle de ministre démontrent clairement que sa candidature n’est absolument pas pertinente », estime l’eurodéputé Ernest Urtasun, du Groupe des Verts/Alliance libre européenne.

Le Parlement regrette également qu’il n’y ait pas de femme candidate, comme le souhaitait Roberto Gualtieri.

Luis de Guindos en lice pour la vice-présidence de la BCE

Le ministre de l’Économie espagnol est en bonne posture pour obtenir la vice-présidence de la BCE, trois ans après son échec dans la course à la présidence de l’Eurogroupe.

Ces critiques récentes à propos de la candidature de l’Espagnol s’ajoutent à l’accueil peu enthousiaste qu’a reçu sa candidature à Francfort.

Cependant, il reste le candidat favori étant donné que les pays de la zone euro le soutiennent. La BCE et le Parlement n’ont qu’un rôle consultatif dans le processus de nomination, après que les ministres aient choisi un candidat.

Lors du conseil Ecofin du 20 février, les 19 ministres des Finances de la zone euro choisiront un candidat qu’ils proposeront ensuite aux dirigeants européens. Le Conseil européen devrait confirmer la nomination lors du sommet du 22 et 23 mars.

Comptage des votes

L’Allemagne est l’un des plus fervents partisans de Luis de Guindos. Le gouvernement espagnol fait valoir que Berlin a promis le poste à Madrid afin de corriger le manque de représentation de la quatrième plus grande économie de la zone euro parmi les principaux postes de l’UE.

Selon Bloomberg, la Lituanie, l’Autriche, Chypre et la Finlande défendent la candidature de Luis de Guindos et la Lettonie a également annoncé son soutien au candidat espagnol.

Les trois pays socialistes (Portugal, Slovaquie et Malte) soutiennent également Luis de Guindos, qui a « bien travaillé », selon Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques.

Répondant aux questions des reporters avant sa séance à huis clos avec les eurodéputés, l’intéressé a déclaré que sa candidature reposait sur la défense de l’indépendance de la BCE, le contrôle parlementaire de ses activités et la transparence.

La Commission se réjouit du retour de Luis de Guindos

Les responsables européens à Bruxelles ont salué la reconduite de Luis de Guindos au poste de ministre espagnol de l’Économie. Il est considéré comme un envoyé « extrêmement compétent » du gouvernement espagnol.

Retrait possible

Un fonctionnaire européen explique cependant que les ministres préfèreraient éviter un vote formel le 20 février. Pour trouver un consensus, l’Eurogroupe sondera donc le terrain la veille de la réunion.

Il n’existe cependant aucun modèle pour l’obtention de ce consensus via des débats, par exemple. Philip Lane, qui ne fait pas partie de l’Eurogroupe, ne sera sans doute pas invité à la réunion. Étant donné la popularité dont jouit Luis De Guindos, il n’est pas sûr que l’Irlandais trouve le soutien de cinq autres pays que le sien, nécessaire pour qu’il reste en lice.

Certains observateurs estiment donc qu’il pourrait se retirer de la course, afin de la faciliter, en échange de l’un des quatre autres postes qui se libéreront à la BCE dans les deux ans à venir. Ceux-ci incluent notamment le poste d’économiste en chef, que Peter Praet quittera le 31 mai 2019.

19 février : Réunion de l’Eurogroupe.

20 février : Conseil Écofin.

26 février : Audition publique du candidat élu au Parlement européen.

22 et 23 mars : Conseil européen.

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