PS : lancement mouvementé de la préparation des élections européennes

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La profession de foi européenne du PS, qui sera adoptée le 16 juin, a provoqué quelques remous dans le parti. A Bruxelles, la délégation prépare son bilan.

Les tensions de 2005, lors du débat autour du référendum sur la Constitution, sont loin. Mais, une nouvelle fois, la direction du Parti socialiste subit malgré tout la pression de son aile gauche.

Les militants des fédérations étaient appelés à se prononcer sur le texte qui doit être présenté et validé, lors de la Convention sur l’Europe du parti dimanche 16 juin. Il s’agit de la contribution française au manifeste du Parti socialiste européen élaboré pour les élections européennes de 2014.

Compromis interne

A l’annonce des résultats, vendredi 7 juin, les représentants du mouvement “Un monde d’avance” ont crié à la manipulation. La prise en compte de l’abstention dans le calcul des votes contre – autorisée par les statuts du PS, même si la décision est prise après le début du vote – a entrainé le rejet de tous leurs amendements. 

La suspension du Traité budgétaire comptait parmi les changements demandés par des personnalités telle que la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann ou le membre du bureau national Guillaume Balas. Une requête qui affaiblirait le président de la République sur le plan européen, alors que la France vient d’obtenir un délai de deux ans pour réduire ses déficits.

Face au risque de boycott de la convention par l’aile gauche du parti, le bureau du PS a passé une bonne partie de la nuit du 12 juin à dégager un compromis. Avec succès. 

Quatorze priorités seront présentées pour “réorienter l’Europe”. Plus question de demander la suspension du traité budgétaire. A la place, il s’agit de revoir le calendrier de la réduction des déficits de façon “étendue, crédible et réaliste”.

Politiser le débat

Une fois l’échance de dimanche passée, le PS va devoir s’atteler à éviter toute nouvelle cassure au sein du parti mais aussi à faire oublier le score décevant de la précédente élections.

Avec 16,48% des suffrages en juin 2009, les socialistes ont obtenu seulement 35 000 voix de plus qu’Europe Ecologie Les Verts. Ils disposent de 13 élus à Strasbourg, soit moins de la moitié de la précédente législature. Parmi eux, le secrétaire général du PS, Harlem Désir. 

Les premiers sondages placent les socialistes entre 15 et 21% des intentions de vote. Dans le premier cas, ils se retrouveraient même derrière le Front national. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a dit récemment craindre un “21 avril” européen.

Pour éviter un tel scénario, la secrétaire nationale aux affaires européennes du parti Estelle Grelier mise sur “une politisation de la campagne”.

Elue à Strasbourg jusqu’en 2012, la députée de la 9e circonscription de Seine Maritime a subi un feu nourri de critiques, notamment dans la presse allemande, pour sa participation à la rédaction du document préparatoire du PS, qui qualifiait la politique de la chancelière Angela Merkel “d’égoïste”. 

“Je réfuterai toujours ces accusations. Je suis germanophone et germanophile. C’est la politique menée par la droite européenne que nous condamnons”, répète-t-elle. “Si nous voulons représenter l’alternance, nous devons confronter nos idées entre Européens. Les conservateurs ou libéraux allemands critiquent la politique de François Hollande. Est-ce de la francophobie ? Pas du tout”.

L’une des thématiques phares de la campagne du PS sera l’Europe sociale. “Mais au lieu de la nommer, nous la décrirons”, précise Estelle Grelier. “Dans ma circonscription les gens ont le sentiment que l’Europe précarise leur emploi”, explique-t-elle. La révision de la directive sur les travailleurs détachés, dont l’ancêtre connu est la directive « Bolkenstein »,  pourrait être au coeur des débats. Malgré ses révisions, cette législation comporte encore des failles permettant le dumping social au sein de l’UE.

Le président du Parlement européen en embuscade

“Nous avons commencé à préparer notre bilan pour le présenter ensuite aux militants et aux électeurs dans nos circonscriptions”, explique Catherine Trautmann, chef de la délégation socialiste française à Bruxelles. “Avec notre petit effectif, nous n’avons pas pu être partout, tout le temps, mais nous avons su nous organiser et influencer les dossiers au bon moment”, ajoute-t-elle.

Les listes devraient être actées d’ici la fin de l’année 2013. Sur les treize élus, presque tous devraient présenter leur candidature au parti. Reste à savoir s’ils seront en position éligible. Seul Patrice Tirolien, élu de la Guadeloupe, a déjà fait savoir qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat.

Au plan européen, le choix du prétendant au poste de président de la Commission européenne se fera probablement en février, après un dépôt de candidature en octobre. Aucun nom de Français ne circule pour le moment. A ce jeu, le favori est pour le moment l’actuel président du Parlement, le social démocrate allemand Martin Schulz. 

Ses chances de succès pourraient être liées au résultat des sociaux-démocrates allemands, lors des élections législatives de septembre, outre-Rhin. 

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