Puigdemont appelle Rajoy au dialogue, mais hors de l’Espagne

Le leader catalan s’est exprimé devant les journalistes à Bruxelles, entouré de cinq députés également exilés et réélus durant le vote du 21 décembre. [Paola Tamma/ EURACTIV]

Au lendemain des élections, le leader de l’indépendance catalane a demandé au Premier ministre Rajoy de le rencontrer « n’importe où sauf en Espagne », où un mandat d’arrêt l’attend, lui et quatre autres membres de son cabinet.

Face aux journalistes à Bruxelles, Carles Puigdemont a déclaré que le gouvernement espagnol devait reconnaître la volonté de l’électorat.

Le 21 décembre, 7,5 millions de Catalans ont voté pour la quatrième fois en quatre ans, avec un taux de participation record, plus de 83 %. Ensemble, les partis indépendantistes ont remporté un total de 70 sièges, assez pour la majorité absolue dans un parlement catalan de 135 sièges, même s’ils n’ont pas remporté les élections en termes de voix.

C’est le parti unioniste Ciudadanos qui est arrivé premier en nombre de voix (25,4 %), au détriment du parti conservateur au pouvoir en Espagne qui n’a rassemblé que 4,2 % des votes. Le parti socialiste a remporté 13,9 % des voix et Comú (la branche catalane de Podemos), qui a refusé de se positionner sur la question de l’indépendance a gagné 7,4 % des voix.

Les partis indépendantistes remportent les élections en Catalogne

Ensemble, les partis indépendantistes ont obtenu une majorité absolue de sièges lors des élections régionales du 21 décembre. Pourtant, c’est le parti « unioniste » Ciudadanos qui est arrivé en tête de ce scrutin.

Pour Carles Puigdemont, le vote d’hier soir rapproche la Catalogne de l’indépendance. « Si vous regardez les chiffres, c’est clair. Nous avons réussi à voter en masse et sans incident, et sans les règles de l’État espagnol ! »

Madrid a dissous le gouvernement catalan après que ce dernier a déclaré l’indépendance de manière unilatérale suite à l’organisation le 1er octobre d’un référendum anticonstitutionnel.

« La Catalogne veut être un État indépendant. Nous voulons décider de notre avenir. Ce n’est pas criminel », a affirmé la figure de l’indépendantisme catalan.

Interrogé sur son retour en Espagne, il n’a pas donné une réponse claire, mais a déclaré qu’il devait recevoir la garantie du Premier ministre espagnol que le gouvernement central respecterait le vote du 21 décembre.

« S’ils respectent le scrutin, je rentrerai dès demain », a-t-il affirmé. Carles Puigdemont souhaite rencontrer Mariano Rajoy n’importe où en dehors de l’Espagne et s’est dit prêt à parler de « tout sans condition préalable ».

Il a poursuivi en accusant le Premier ministre d’unilatéralisme : « le parlement catalan a toujours agi via le dialogue. L’unilatéralisme vient de l’autre côté. Si l’autre côté ne respecte pas le dialogue, tout le monde doit s’adapter à ce système. »

Sur l’UE, Carles Puigdemont a pris soin de soigner ses mots. Les institutions européennes sont restées silencieuses à ce sujet, répétant que l’ordre constitutionnel espagnol devait être respecté. La Constitution espagnole s’appuie sur « l’unité indissoluble de la nation espagnole », ce qui est de facto incompatible avec l’indépendance catalane.

Le Catalan a dit ne pas demander à la Commission européenne de changer d’avis, mais en parlant français, il a déclaré : « le vote de 7,5 millions de citoyens européens nous donne le droit d’être écoutés ».

«Nous voulons nous diriger vers une indépendance négociée »

Exclusif. Pour Antoni Comín, un des quatre conseillers du gouvernement catalan renversé ayant fui à Bruxelles aux côtés de Carles Puigdemont, la déclaration unilatérale d’indépendance le 27 octobre doit maintenant être mise en oeuvre.

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