Qui est Carles Puigdemont, l’homme qui défie l’Espagne ?

Carles Puigdemont [EFUS]

Le président de l’exécutif catalan Carles Puigdemont s’exprime devant le parlement régional ce mardi au sujet du résultat du référendum controversé sur l’indépendance de la Catalogne. Un discours à haut risque pour l’Espagne. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Carles Puigdemont ne dort pas au somptueux Palais de la Generalitat, demeure traditionnelle des présidents de Catalogne. Chaque soir, son chauffeur le conduit chez lui, à Gérone, à une heure et demie de Barcelone. Même en pleine crise du référendum, il est rentré auprès de sa femme et de leurs deux filles presque chaque soir. Carles Puigdemont ne laisse jamais aucune situation le dévier des priorités qu’il s’est lui-même fixées.

À 54 ans, cet homme discret fait preuve d’une fermeté et d’une détermination insoupçonnables au premier abord. Lorsqu’il a pris la suite d’Artur Mas à la tête du gouvernement catalan, alors que personne ne l’y attendait, beaucoup d’observateurs ont vu en cet inconnu l’homme de paille du charismatique leader.

« Avoir une longueur d’avance »

Mais en quelques mois, Carles Puigdemont a complètement éclipsé Artur Mas de la scène politique. Son discours sans concession a séduit les séparatistes alors en proie à une période de doute. Alors qu’Artur Mas s’était converti à l’indépendantisme sur le tard, l’engagement historique de Carles Puigdemont a rassuré.

Il aime raconter qu’enfant, il ne trouvait pas de drapeau indépendantiste dans son village d’Amer, près de Barcelone, et exigea de sa grand-mère qu’elle lui en tricote un. Ce fils de pâtissiers se passionnera très tôt pour la culture catalane, et enverra dès l’âge de 16 ans ses chroniques au quotidien régional indépendantiste Punt Diari. À 19 ans, il y devient journaliste et en assurera plus tard la rédaction en chef.

Deux préoccupations rythmeront sa carrière de journaliste : l’image de la Catalogne à l’étranger et l’intégration des nouvelles technologies dans son métier. Il fut l’un des premiers utilisateurs de Twitter et s’intéresse constamment aux évolutions du monde de la communication. « Il veut toujours avoir une longueur d’avance, confie un ancien collègue. Il n’aime pas se faire prendre de court. » Toujours accro au réseau social, le désormais président catalan tweete et retweete plusieurs fois par jour.

Passionné par les langues, il maîtrise parfaitement le français et l’anglais. En 1994, il compile des articles de la presse internationale dans un ouvrage intitulé Cata… quoi ? (Cata… què ?). Il se rend alors compte d’une profonde méconnaissance de la Catalogne hors de ses frontières. Quatre ans plus tard, il fonde une agence de presse dédiée à l’actualité de la région, l’Agence catalane d’information, puis en 2002 il s’implique dans la création du premier quotidien catalan en langue anglaise Catalonia Today. Décrit comme tenace par ses confrères, il réussira à installer durablement ces deux projets dans le paysage médiatique local. « Si un problème l’empêche d’avancer, il ne va pas dormir tant qu’il n’aura pas trouvé la solution », poursuit son ancien collègue. Une ténacité qui se révélera déterminante lors du conflit opposant Madrid à Barcelone ces derniers mois.

Parallèlement à ses activités professionnelles, le jeune catalan s’implique dans la section jeune de CiU, le parti de centre-droit catalaniste d’Artur Mas. Mais il ne se présentera aux élections qu’à l’âge de 43 ans, lorsqu’il sera élu député au parlement catalan. Selon ses amis d’enfance, « la politique a toujours été sa première passion ». Mais Carles Puigdemont assure qu’il aurait pu aussi devenir musicien. À 17 ans, il jouait déjà dans son propre groupe. Aujourd’hui encore, il ne se retient pas d’improviser un air de guitare dans ses soirées entre amis mais aussi en public. L’année dernière, alors qu’il était déjà président de Catalogne, il n’a pas hésité à monter sur scène pour jouer un titre avec un groupe catalan.

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