Rajoy fera «tout ce qui est en son pouvoir» face aux sécessionnistes catalans

Mariano Rajoy

Alors que Carles Puigdemont s’exprime aujourd’hui devant le parlement, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a assuré qu’il « fera tout ce qui est en son pouvoir » pour empêcher l’indépendance de la Catalogne. Un article d’Euroefe.

Mariano Rajoy a organisé le 9 octobre une réunion à la direction de son parti (le parti populaire, PP) pour analyser la situation de la Catalogne en attendant de savoir si Carles Puigdemont annoncera ce mardi l’indépendance lors de sa déclaration devant le parlement catalan à 16h.

« Nous empêcherons l’indépendance de la Catalogne. Pour ce faire, nous prendrons les mesures nécessaires. La séparation de la Catalogne n’aura pas lieu. Le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour cela », furent les mots de Mariano Rajoy, selon le porte-parole du PP, Pablo Casado.

Rajoy refuse toute médiation avec la Catalogne

Madrid a rejeté la proposition catalane de remédier à un médiateur international pour tenter de rétablir la « confiance minimum » après les heurts qui ont marqué le référendum d’indépendance, le 1er octobre.

Le 1er octobre dernier, la Catalogne a organisé un référendum souverainiste illégal, qui, selon le gouvernement régional, a enregistré 2,04 millions de votes en faveur de l’indépendance. Pour Carles Puigdemont, ce chiffre légitime cette aspiration.

Tous les regards tournés vers Puigdemont

En principe, la déclaration du dirigeant catalan devant le parlement régional permettra d’informer sur la situation politique en Catalogne à la suite du référendum de la semaine dernière, mais personne ne doute du fait qu’une certaine annonce sera faite.

Tous les regards sont tournés vers Carles Puigdemont qui a assuré ces derniers jours qu’il donnera suite au mandat indépendantiste. Il a toutefois laissé entendre qu’il ne le ferait peut-être pas de manière radicale.

La coalition du gouvernement catalan (composée d’indépendantistes de centre droit et de républicains de gauche) n’a pas précisé lundi 9 octobre le contenu de l’intervention de Carles Puigdemont, alors que leurs alliés sécessionnistes de CUP (antisystème de gauche) soutiennent que le président catalan doit déclarer l’indépendance de façon unilatérale, suite au référendum du 1er octobre.

À cet égard, le chef de file du PP, Pablo Casado, a suscité la polémique lorsqu’il a averti que Carles Puigdemont pourrait finir comme le dirigeant nationaliste Lluis Companys, qui, en octobre 1934, a proclamé la république catalane, et a terminé quelques heures plus tard en prison.

Le gouvernement espagnol n’acceptera pas non plus que Carles Puigdemont déclare l’indépendance, mais la repousse durant quelques mois pour donner la possibilité d’un éventuel dialogue.

La France ne reconnaîtra pas l'indépendance de la Catalogne

Si la Catalogne déclarait unilatéralement son indépendance, la France ne la « reconnaîtrait pas », a déclaré la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau.

« Main ferme et sans complexe » de Rajoy

Face à cette éventualité, le gouvernement de Mariano Rajoy agira « avec fermeté et sans complexe », selon Pablo Casado, qui n’écarte aucune mesure permise par la constitution ou le Code pénal.

L’exécutif envisage notamment le recours à l’article 155 de la constitution, qui prévoit que l’État central assume directement les compétences d’une région donc les dirigeants ne respectent pas la loi. En presque quarante ans d’existence du texte, cet article n’a jamais été invoqué.

Le 9 octobre, les voix ont été nombreuses à s’élever pour demander à Carles Puigdemont un geste de bon sens en renonçant à une possible déclaration unilatérale d’indépendance.

Le chef de file socialiste (PSOE), Pedro Sánchez, un responsable de Podemos, Pablo Echenique, et le leader du parti libéral Ciudadanos, Albert Rivera, ont tous fait des appels allant dans ce sens.

Une personnalité clé en Catalogne, la maire de Barcelone, Ada Calau, a aussi demandé au dirigeant catalan et à Mariano Rajoy de « ne prendre aucune décision qui puisse faire exploser la possibilité d’un espace de dialogue ».

Du côté des entreprises, le mouvement continue, et le groupe éditorial Planeta, le plus important d’Espagne, a annoncé qu’il déménagerait son siège social de Barcelone à Madrid « en cas de déclaration d’indépendance unilatérale ».

Fuite des entreprises

Alors que de grandes entreprises comme Caixabank, Banco Sabadell, Gas Natural et Aguas de Barcelona avaient déjà déplacé leur siège social à Madrid ces derniers jours, d’autres ont suivi le pas hier, comme l’agence immobilière Colonial, et le concessionnaire d’autoroutes Abertis, présent en Argentine, au Brésil, au Chili, à Puerto Rio et en Colombie.

Par ailleurs, l’organisation patronale, Foment Del Treball, craint « un risque d’insolvabilité économique » dans la région, si « l’on avance encore sur ce chemin incertain jusqu’à la déclaration d’indépendance. Dans un communiqué, elle exige des dirigeants politiques qu’ils prennent leur responsabilité ».

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