Reconnecter les citoyens à Bruxelles, le pari ambitieux des consultations citoyennes

EPA/JOERG SCHUELER [Joerg Schueler/EPA]

La France espère reconnecter Bruxelles et les citoyens européens en suscitant des débats organisés par la société civile. La participation de Jean-Claude Juncker à la première rencontre le 17 avril reste en suspens.

« Il faut mettre fin à la déconnexion entre Bruxelles et les citoyens. Ces consultations veulent recréer un lien », explique la ministre française des Affaires européennes.

Pour Nathalie Loiseau, le mouvement sans précédent qui démarre ce printemps est aussi une question de survie pour l’Europe, même s’il comporte un risque évident : celui de l’expression du rejet de l’Europe par une partie de la population. « Il ne faut pas laisser le sujet européen manipulé par ceux qui parlent le plus fort : les anti-européens et les pro-européens. Cela mène au simplisme dans les campagnes politiques », regrettait la ministre lors d’une interview avec Euractiv début mars.

Les modalités de ces « consultations citoyennes », imaginées par la France et auxquelles 25 autres pays européens ont prévu de participer, ont été précisée mercredi 14 mars. Elles auront lieu d’avril à octobre, sous forme de débats et autres manifestations toutes initiées par la société civile. Les contraintes sont les mêmes dans tous les pays participant : pluralisme, transparence, et caractère public de l’événement sont les trois critères sine qua non qui seront imposés pour être labellisés « consultations citoyennes ».

Au sein des 27, seule la Hongrie n’a pas répondu présente : « elle n’a pas finalisé sa réponse » précise la ministre, qui n’écarte pas un revirement de situation.

Consultations citoyennes, un nouvel espoir pour l’Europe ?

Alors que l’Europe vit un regain de confiance de la part des populations, les consultations citoyennes lancées par la France tombent à point nommé et permettront de replacer la société civile au cœur de l’UE.

Si certains États, comme l’Irlande ou le Portugal, ont déjà démarré ces manifestations, la plupart les feront un peu plus tard : une centaine d’événements sont déjà prévus, surtout en province pour ce qui concerne la France. Et la première consultation aura lieu dans la région Grand Est, le 17 avril, non loin de Strasbourg, où le président de la République s’exprimera le même jour devant le Parlement européen. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pourrait participer à cette rencontre.

Cette consultation démocratique sans précédent selon ses instigateurs prétend faire écho aux préoccupations «  des apprentis, des syndicats, des marins pêcheurs sur l’Europe », et sera prolongé à l’automne par une consultation numérique d’ampleur, pour une restitution globale prévue en décembre avant une discussion sur les réformes de l’Europe qui pourraient en découler lors du conseil européen de décembre 2018.

Si les événements risquent de se multiplier en France, l’élan des autres pays semble pour l’heure moins évident. Et la contribution de la Commission européenne, censée organiser la plateforme électronique sur la seconde partie de l’année, n’est pas encore finalisée. Au contraire, l’exécutif européen s’arcboute sur sa propre vision du « dialogue citoyen », qu’elle a coutume d’organiser en faisant venir un commissaire pour asséner un cours magistral. La venue de Maryia Gabriel à Paris jeudi 15  mars ne fait pas exception à cette méthode désormais bien huilée, puisque la Commission se targue d’en avoir organisé 500. L’impact de la stratégie n’a en revanche pas été évaluée, si ce n’est dans les urnes. Et les dernières élections italiennes laissent peu de doute sur la faible estime que les citoyens accordent à l’UE.

Le groupe de Visegrad rallie prudemment le projet de consultation citoyenne

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