Les régions en transition craignent la stagnation économique

Willy Borsus, Petr Osvald et Karl-Heinz Lambertz lors de la rencontre organisée par le CdR. [Flickr/European Committee of the Regions]

Alors que son allègement est en discusion, les régions veulent au contraire un renforcement de la politique de cohésion.

« Nous demandons de la cohésion pour toutes les régions. Le développement rural est la valeur ajoutée européenne », a assuré Petr Osvald, du Comité des régions (CdR), lors d’une conférence, le 18 avril.

Le développement et le financement devraient donc être protégés, et ce, pour toutes les régions, pas seulement les plus pauvres, afin de maintenir le fragile équilibre économique européen. Il est donc essentiel de privilégier la simplification et la flexibilité, surtout dans le secteur administratif.

« Nous devons voir des résultats concrets. Une Europe sans une politique de cohésion accessible à toutes les régions, ce n’est plus l’Europe que nous défendons », estime Karl-Heinz Lambertz, président du CdR.

Les régions européennes se concentrent sur l’innovation, l’entrepreneuriat, le chômage, le soutien aux PME, la recherche et la démographie, en lien avec la croissance économique et sociale locale.

Les régions en transition risquent cependant de perdre des financements importants dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel. Les déclarations de la Commission à ce sujet ne laissent en effet rien augurer de bon pour les fonds de cohésion.

« L’objectif est de mieux tenir compte des régions qui ne sont ni particulièrement développées, ni particulièrement pauvres. Il est crucial de faire des réformes et de poser des actions politiques à ce sujet », a indiqué Willy Borsus, ministre-président de la région wallonne. Ces 15 dernières années, les fonds européens ont permis à la Wallonie de connaitre une croissance économique.

Oettinger promet des coupes minimes dans les fonds de cohésion

Les fonds de cohésion subiront des coupes dans le prochain budget, mais elles seront limitées à « moins de 10 %, et probablement plus proches des 5 % », selon Günther Oettinger.

À l’heure actuelle, les régions en transition souffrent principalement de la stagnation économique et du manque d’innovation. Si leur situation économique est relativement stable, elles ne parviennent pas à avancer sur des sujets comme la démographie, l’emploi et l’investissement. La politique de cohésion est donc considérée comme une solution clé qui permettrait la mobilisation des secteurs privé et public.

« Nous devons créer de nouveaux emplois. Et pour cela, il faut dépenser plus et mobiliser des ressources », insiste Maria de Diego, vice-ministre régional de l’Aménagement spatial et des relations institutionnelles de Castilla y Leon, en Espagne.

Selon Michael Schneider, rapporteur du CdR et représentant de la Saxe-Anhalt auprès du gouvernement fédéral allemand, le développement régional dépend en grande partie de la poursuite des financements des régions en transition.

« Nous espérons que les fonds structurels aideront les régions pauvres à se relever. Cependant, nous devons leur laisser l’indépendance nécessaire pour qu’elles puissent produire leurs programmes économiques spécifiques », estime le rapporteur.

Pour les régions économiques les plus pauvres, comme les régions grecques et italiennes, les principaux problèmes restent le manque d’innovation, un taux de chômage élevé, la stagnation de l’éducation et une utilisation limitée des systèmes technologiques par rapport à la moyenne européenne.

Elles doivent également faire face à une forte concurrence de la part de régions moins chères et n’arrivent donc pas à attirer de nouvelles entreprises ou des investissements importants, qui leur permettraient pourtant de se tourner vers des activités à plus forte valeur ajoutée.

La priorité devrait être donnée à la migration, à l’intégration sociale, à l’innovation et aux questions environnementales, estime Lena Andersson Pench, directrice à la Direction générale de la politique régionale et urbaine. Cependant, les États membres sont principalement responsables de leur mise en œuvre.

« Nous avons besoin d’une approche plus coordonnée et ciblée », a-t-elle souligné.

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