Remous au Parlement européen après les errances du parti FDP

Thomas Kemmercih, lors des élections en Thuringe EPA-EFE/OMER MESSINGER

L’élection puis la démission éclair d’un candidat du parti centriste allemand FDP soutenu par l’extrême-droite (Afd) a provoqué des remous au Parlement européen.

Le mélange des genres n’est pas passé au Parlement européen. Au sein du parti Renew, issu du rapprochement des centristes de l’ALDE et du mouvement En Marche d’Emmanuel Macron en France, l’élection en Allemagne d’un centriste grâce au soutien de l’extrême droite a provoqué des réactions indignées.

Le parti allemand du FDP a été l’un des premiers partis européens à soutenir Emmanuel Macron lors de sa campagne pour les présidentielles, puis au niveau européen. Aujourd’hui 5 eurodéputés FDP siègent dans le groupe Renew. Qu’un membre de ce parti puisse accepter d’être soutenu par l’extrême-droite ne correspond en revanche ni aux valeurs de LREM ni de l’ALDE, et les deux tendances au sein du partir l’ont rapidement fait savoir.

Au sein de la délégation française de Renew,  l’eurodéputé Stéphane Séjourné a rapidement appelé à de nouvelles élections, pour éviter que cette situation ne puisse se reproduire. Une position qui est aussi celle de plusieurs élus FDP du groupe Renew, ainsi que celle de la chancelière Angela Merkel.

Le nouveau président de la région, Thomas Kemmerich, ne l’est pas resté longtemps . Choisi par une alliance de la droite après avoir récolté seulement 5 % des voix, il n’avait pas une légitimité très solide, et a jeté l’éponge moins de 24 heures après son élection, jeudi après-midi.

« C’est un acte impardonnable » et « un mauvais jour pour la démocratie », avait jugé, après l’élection, la chancelière allemande sur un ton d’une grande fermeté, lors d’un déplacement à Pretoria en Afrique du Sud, avant d’appeler elle aussi à de nouvelles élections.

Un groupe qui se cherche

L’épisode montre néanmoins que le groupe Renew se cherche. « D’ordinaire, nous sommes assez proches d’eux sur les questions de société, mais pas tellement sur les questions économiques » reconnait une source Renew au Parlement européen. Si une division nait sur cette question des valeurs, fondamentale pour le groupe centriste, l’appartenance du FDP à Renew, qui est le parti « avec lequel il y a le plus de nuances » selon cette source, serait sur la sellette.

Parmi les sujets de discussion tendus, le FDP est très à cheval sur la question de la rigueur financière et monétaire, tout comme le parti de droite allemand CDU.

À l’heure où la Commission européenne cherche à trouver des solutions pour financer le Green Deal, cette situation est un obstacle à établir une position commune  sur la marche à suivre.  Faut-il, comme le suggère Thierry Breton, sortir les investissements verts de la règle budgétaire des 3 % ? La question divise énormément au sein du Parlement européen, et pas seulement chez Renaissance. À droite, le parti PPE s’interroge sur la rationalité d’une telle hypothèse, alors que le critère des 3 % est un credo bien ancré.

 

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