La Roumanie attend toujours d’être admise à part entière dans l’UE

Frans Timmermans [European Commission]

Le président du Sénat roumain craint qu’une Europe à deux vitesses n’engendre la naissance d’ un deuxième « rideau de fer », et enjoint l’UE à se souvenir des leçons de la période communiste. Un article d’Euractiv Roumanie.

Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission européenne, a rencontré Călin Popescu Tăriceanu, président du Sénat roumain le 20 avril. Ce dernier s’inquiète de l’Europe à plusieurs vitesses, qui pourrait mener à de nouvelles divisions dans le bloc, un rappel de la situation à l’ère du communisme et du rideau de fer.

Călin Popescu Tăriceanu estime que la division de l’Europe après la guerre est la raison pour laquelle la Roumanie est en retard sur les autres États membres en termes de développement. « Nous assistons à une intense discussion sur une Europe à plusieurs vitesses ou une Europe dotée de cercles concentriques. J’ai partagé mes inquiétudes avec le vice-président quant au potentiel de nouvelles divisions que cette idée représente pour l’Europe. Je dis nouvelles divisions parce qu’après la Deuxième Guerre mondiale, l’Europe était divisée par le rideau de fer. »

Vers la fin du mécanisme de coopération et de vérification

Le Roumain espère que le mécanisme de coopération et de vérification ne s’appliquera plus à la Roumanie en 2018 et que le pays pourra devenir un membre à part entière de l’UE d’ici là. « Je veux faire entièrement partie de l’UE. C’est pourquoi j’ai dit au vice-président que j’espère voir le mécanisme de coopération et de vérification levé, afin que les Roumains n’aient plus l’impression que l’Europe impose des critères différents à différentes catégories de pays. »

Cette question a déjà été discutée entre Călin Popescu Tăriceanu et Jean-Claude Juncker, qui a promis de faire des progrès en la matière durant son mandat.

La Roumanie progresse en matière de justice

La Commission européenne a publié son dernier rapport sur les progrès de la Roumanie dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification, qui met le système judiciaire du pays sous étroite surveillance, pour lutter contre la corruption potentielle et le crime organisé. Un article d’EURACTIV Roumanie.

Le représentant du Sénat roumain a fait remarquer que le rapport de cette année comportait un certain nombre d’erreurs. Il regrette également que le parlement roumain soit pris à partie. « Aucun parlement ou chambre basse dans le monde ne doit expliquer ses décisions, seuls les tribunaux le font », a-t-il insisté. Il aurait demandé à Frans Timmermans de relayer ses observations à la Commission dans son ensemble.

Le commissaire a pour sa part déclaré lors d’une conférence de presse que la Romanie était « dans les derniers mètres du long marathon » du mécanisme. Il s’est dit confiant de voir le gouvernement mettre le pays « sur la bonne voie » pour conclure le processus, en place depuis l’adhésion de la Roumanie, en 2007.

Lutte contre la corruption

Et une fois que la surveillance se termine, « la pleine jouissance des droits de l’Homme et de l’État de droit sera irréversible », a-t-il assuré. Il a cependant ajouté que les Roumains eux-mêmes étaient les « meilleurs garants » de la lutte contre la corruption.

Călin Popescu Tăriceanu a par ailleurs indiqué que la discussion s’était brièvement tournée vers une loi anti-corruption que le gouvernement a tenté de faire passer au début de l’année et qui a suscité des manifestations d’envergure.

«La Roumanie connait une deuxième révolution démocratique»

Les manifestations qui déferlent dans les rues roumaines depuis le 29 janvier ont dégénéré en réelle insurrection sociale, comme il n’y en a plus eu depuis la chute du communisme en Europe de l’Est, en 1989. Un article d’EURACTIV Pologne.

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