Sarkozy et Merkel trouvent un compromis sur l’Union pour la Méditerranée

Alors que les tensions sont palpables entre Paris et Berlin, notamment après le report de deux réunions franco-allemandes, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, qui se sont rencontrés le 3 mars à Hanovre, affirment avoir trouvé un compromis sur l’Union pour la Méditerranée.

Développements récents et prochaines étapes  :

  • 7 février 2007 : Nicolas Sarkozy en campagne lance l’idée d’une Union méditerranéenne
  • 3 mars 2008 : Angela Merkel et Nicolas Sarkozy trouve un compromis sur le projet d’Union méditerranéenne
  • 13 et 14 mars 2008 : Présentation du projet d’Union européenne aux chefs d’État et de gouvernement des 27 lors du Conseil Européen
  • 9 juin 2008 : Rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel
  • Juin 2008 : Conférence des chefs d’États riverains de la Méditerranée à Marseille
  • 13-14 juillet 2008 : Sommet « Union pour la Méditerranée » à Paris, avec les États concernés

 En bref  :

« L’Union pour la Méditerranée se fera, ce sera un projet européen », a garanti Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse conjointe avec Angela Merkel, lundi 3 mars à Hanovre. « On a trouvé un compromis autour de cette Union pour la Méditerranée que nous voulons tous les deux et qui n’exclura personne », a-t-il ajouté.

Angela Merkel a confirmé qu’ils s’étaient mis d’accord pour que « ce soit un projet de l’Union européenne ». « Nous souhaitons associer nos partenaires et pas donner le sentiment que la France et l’Allemagne imposent leurs idées », a affirmé Nicolas Sarkozy. Une proposition devrait être faite au prochain Conseil Européen des 13 et 14 mars.

Réagissant aux propos du premier ministre français, François Fillon, selon lequel les Allemands n’auraient qu’un rôle « d’observateur » dans l’Union pour la Méditerranée, à l’image de celui joué par la France dans l’Union de la mer Baltique, le gouvernement allemand a démenti. Les 27 États membres de l’UE auront une « participation égale » dans l’Union de la Méditerranée a indiqué un porte parole mardi 4 mars.

Le désaccord entre la France et l’Allemagne portait sur la forme, a assuré Nicolas Sarkozy, et non sur la nécessité d’une nouvelle entente entre le nord de la Méditerranée et le sud de la Méditerranée. « C’est un nouveau projet qui s’appuie sur tout ce qu’à fait Barcelone et qui n’exclue personne », précise encore le président français.

Pour l’Allemagne, ce projet allait à l’encontre de la solidarité communautaire – les États membres riverains de la Méditerranée y étant inclus tandis que les autres en étaient exclus. Un diplomate proche du dossier explique qu’un statut de membre associés sera donc créé afin d’inclure les États membres initialement exclus.

Selon cette source, le vrai tournant a été pris en décembre  2007, lorsque que le projet d’une union institutionnelle a été abandonné au profit d’une structure plus légère, plus souple et plus concrète. Le changement de terminologie – d’Union Méditerranéenne à l’Union pour la Méditerranée – est très significatif sur ce point.

Le diplomate interrogé par EURACTIV.fr qualifie donc l’Union pour la Méditerranée d’une forme de  « labellisation ». Sans institutions spécifiques, ni existence juridique, cette union consisterait en une conférence des chefs d’États et des ministres qui élaboreraient des projets politiques et les mettraient en œuvre concrètement.

Cette évolution du projet a été rendue nécessaire étant donnée la pression exercée par l’Allemagne – opposée à un projet qui serait intégrationniste et concurrent de l’UE – et les oppositions rencontrées au sein des pays concernés – notamment en Turquie et au Maroc.

Des tensions entre Paris et Berlin étaient palpables, notamment depuis le report de deux réunions franco-allemandes, officiellement pour des raisons de calendriers (lire Euractiv.fr 26.02.08). Les divergences franco-allemandes se concentraient tout particulièrement sur le projet d’Union pour la Méditerranée. Le prochain sommet franco-allemand étant prévu pour juin, un accord de l’Allemagne était donc «indispensable » affirme un diplomate du quai d’Orsay.

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