Schäuble et Gabriel s’opposent sur l’UE et la Grèce

« La vérité, c'est que l'Allemagne n'est pas un contributeur net de l'Europe, mais un bénéficiaire net de l'Europe. » [Center for American Progress Action Fund/Flickr]

Wolfgang Schäuble a déploré que Sigmar Gabriel estime que l’Allemagne devait accroître sa contribution financière à l’Union européenne en général et à la Grèce en particulier.

Le ministre allemand des Finances, le conservateur, Wolfgang Schäuble et son collègue chargé des Affaires étrangères, le social-démocrate, Sigmar Gabriel ont affiché leur divergence sur la crise grecque, alors que leurs familles politiques sont au coude-à-coude dans les sondages pour les élections législatives de septembre en Allemagne.

Ce message, a affirmé Wolfgang Schäuble sur l’antenne de la Deutschlandfunk, « va totalement dans la mauvaise direction ».

« Cela m’a contrarié d’entendre M. Gabriel en déplacement en Grèce faire passer aux Grecs un message qui ne les aide pas, mais qui au contraire rend plus difficiles les bonnes décisions qu’ils doivent prendre », a ajouté le ministre des Finances.

Angela Merkel défend une confiance « restaurée » avec la Grèce

La chancelière allemande a affirmé que la confiance avait été restaurée avec le gouvernement grec, qui a capitulé face à ses créanciers. Les critiques sur la ligne dure de l’Allemagne défendue par l’Allemagne reste nombreuses. 

Cette passe d’armes s’inscrit dans le contexte des élections législatives à venir en Allemagne. A six mois du scrutin, les instituts de sondage donnent le bloc chrétien démocrate CDU-CSU d’Angela Merkel et Wolfgang Schäuble et le Parti social-démocrate (SPD) de Martin Schulz et Sigmar Gabriel au coude à coude dans les intentions de vote.

Allègement de la dette grecque 

Sigmar Gabriel, qui était cette semaine en déplacement à Athènes, plaide depuis des mois pour un allègement de la dette de la Grèce et estime qu’il faut sortir le pays de sa situation actuelle, où le déblocage des tranches du plan de renflouement financier est conditionné à de nouvelles mesures d’austérité.

Dans une tribune parue dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, il dénonce la vision déformée que les Allemands ont de leurs relations avec leurs partenaires européens selon laquelle la première puissance économique du continent serait la « bête de somme » de l’Union européenne payant pour les « Européens paresseux ».

Le FMI dans le piège des pressions européennes sur la Grèce

Le FMI sous emprise européenne : l’accusation, récurrente depuis le premier plan d’aide grec en 2010, ressurgit aujourd’hui au moment où la zone euro fait pression sur l’institution pour qu’elle se réengage financièrement auprès d’Athènes.

Cette « vision faussée » de la réalité, poursuit le ministre, a conduit « pratiquement tous les gouvernements fédéraux [allemands] de ces trente dernières années à tenter lors des négociations financières au sein de l’Union européenne de réduire notre ‘position de contributeur net’. »

« La vérité, c’est que l’Allemagne n’est pas un contributeur net de l’Europe, mais un bénéficiaire net de l’Europe », ajoute-t-il. « Naturellement, nous contribuons davantage au budget européen que nous ne recevons de fonds des programmes européens de financement. Mais ce n’est qu’une petite partie de l’équation. Nous exportons près de 60% de nos biens et services vers l’Union européenne, et même pas 10% vers la Chine » et les USA, argumente-t-il.

Varoufakis : « les créanciers de la Grèce ont transformé les négociations en guerre »

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a reproché aux créanciers de la Grèce de ne faire « aucune concession » et de transformer les négociations  en véritable guerre.  Lors d’une interview donnée au journal allemand Tagesspiegel, partenaire d’EURACTIV, il explique aussi que la Grèce a seulement 100 inspecteurs des impôts, ce qui rend difficile le recouvrement des fonds. 

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