Schulz et Juncker s’affrontent au sujet de la France

Competitors for the European Commission presidency.

Le candidat du Parti Populaire Européen qualifie d’erreur politique sérieuse le laxisme de Martin Schulz à l’égard de la dette publique française.

Le ton est monté d’un cran entre les deux principaux candidats aux élections européennes ce week-end. Interrogé sur la façon dont il fallait gérer la question de la dette de la France, Martin Schulz avait déclaré sur BFM TV le 4 avril qu’il serait prêt à ouvrir des négociations, si cela s’avérait nécessaire.

Une parole qui a fait bondir le candidat de la droite, Jean-Claude Juncker, samedi 5 avril. L’ex-premier ministre luxembourgeois en meeting à Berlin a de son côté indiqué qu’il en était hors de question.

« Erreur politique sérieuse »

« C’est une erreur politique sérieuse que Martin Schulz veuille, pour la troisième année consécutive, autoriser la France à dépasser la limite de 3 % pour son déficit. Cela va à l’encontre du Pacte de Croissance et de Stabilité, que j’ai écrit en tant que président de l’Eurogroupe » a déclaré l’homme politique.

La France a obtenu un délai pour ramener sa dette publique à 3 % du PIB, jusqu’en 2015. Mais en 2013, le pays n’a pas tenu ses objectifs initiaux.  Pire, la dette publique totale s’approche d’un nouveau record, soit 2000 milliards d’euros, quasiment 100 % du PIB alors que selon les traités la dette des pays de la zone euro ne doit pas dépasser les 60 % de l’activité économique.

Le nouveau ministre du Budget, Michel Sapin, a indiqué que la France souhaitait discuter avec Bruxelles du « rythme » de diminution de la dette publique française.

Un délai dans l’intérêt de l’Europe

«Ce n’est pas la France qui arrive à genoux, en demandant, en implorant (…) c’est l’intérêt commun de l’Europe de trouver le bon rythme, le rythme adapté à la situation», avait précisé Michel Sapin sur France Inter le 3 avril.

Les ministres de l’Économie et du Budget français se rendent en Allemagne lundi 7 avril pour rencontrer leurs homologues allemands, et présenter les nouvelles mesures du « pacte de stabilité » annoncé par François Hollande en janvier dernier.

Un « pacte » destiné à alléger les charges des entreprises en échange d’embauches supplémentaires. Mais la France doit par ailleurs présenter un plan d’économie de 50 milliards d’euros, et Bruxelles l’attend au tournant sur ce sujet. Le programme doit être présenté à Bruxelles d’ici le 15 avril.

Un programme que Jean-Claude Juncker a dit attendre également, ironisant sur sa présentation, qu’il a comparé à « une autopsie » devant des journalistes.

Non aux eurobonds

Le candidat du groupe PPE a développé ses positions en matière économique, en prenant étonnamment position contre les « eurobonds », ou obligations européennes. Un projet qui permettrait aux États d’émettre de la dette commune, donc de mutualiser le fardeau de la dette publique.

>>Lire L’idée d’une mutualisation des dettes publiques avance

 

« Les obligations européennes, ce n’est certainement pas pour les cinq prochaines années. Elles ne peuvent être envisagées que lorsque le budget et les politiques économiques convergent et quand l’UE peut contrôler les politiques fiscales nationales » a précisé le dirigeant.

 

La France est un des pays européens dont le déficit public excède les critères de convergence économique définis par le Traité de Maastricht, à la fois en déficit annuel et et terme de volume global de la dette. Selon le traité, le déficit public ne doit pas dépasser les 3 % du PIB, et la dette publique doit se limiter à 60 % du PIB.

Les prévisions macroéconomiques et de finances publiques actualisées pour les années 2014 à 2017 doivent être transmises, dans le cadre du programme de stabilité, au Parlement mi-avril puis à la Commission européenne avant le 30 avril.

15 avril 2014 : transmission des prévisions macro-économiques de la France pour les années 2014 à 2017

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.