Selon Margot Wallström, « Strasbourg est devenu un symbole négatif » [FR]

La commissaire européenne en charge de la communication estime que Strasbourg ne correspond plus à un symbole positif de l’unité franco-allemande. 

La commissaire chargée des questions institutionnelles et de la communication, Margot Wallström, est consciente que la Commission devra d’une manière ou d’une autre se pencher cet automne sur les suites à donner à la pétition en faveur de la création d’un seul siège pour le Parlement européen, qui a recueilli un million de signatures. 

Tout en sachant que cette question relèvera du Conseil, la commissaire a néanmoins donné son opinion lors d’un entretien accordé au magazine E!Sharp : « Ce qui fut un symbole très positif de l’Union européenne réunissant la France et l’Allemagne est devenu aujourd’hui un symbole négatif – signe de gaspillage, de bureaucratie et d’absurdité des institutions de Bruxelles ».

Elle conseille à l’UE de rester prudente : « il faut à la fois tenter d’expliquer pourquoi ce siège est situé à cet endroit et respecter ce choix, mais aussi reconnaître que les temps ont changé et que c’est désormais absurde et trop cher de se rendre à Strasbourg. » 

Le commissaire chargé du commerce, Peter Mandelson s’est également exprimé sur le sujet : » J’apprécie le fait que le Parlement soit à Strasbourg, mais il est très difficile d’en justifier les coûts ». A noter que le président de la Commission, José Manuel Barroso, a refusé de commenter la pétition en soulignant que de toute façon, il ne pouvait rien y faire.

En juin 2006, le présidentiable, Nicolas Sarkozy, actuel ministre français des affaires intérieures, a pleinement soutenu le maintien du siège du Parlement à Strasbourg. Selon lui, il s’agit d’un symbole de « la réconciliation franco-allemande et de l’unité européenne ».

Pierre Moscovici, ancien ministre français des affaires européennes et actuel membre du Parlement européen, estime que « réduire l’Union européenne à une logique purement matérielle, comptable ou immobilière, c’est ignorer les fondements mêmes de la construction communautaire. ».

Emmanuel Vallens  des Jeunes Européens Fédéralistes (qui ne représente pas la position officielle des JEF) est également en faveur d’un seul siège, mais considère que celui-ci devrait être à Strasbourg : « Ce qui anime les médias n’est pas de savoir où le Parlement se trouve, mais s’il a des pouvoirs ou non. Le pouvoir est une question de competence et non de lieu géographique. Si ses compétences étaient plus importantes, avoir le PE loin de Bruxelles n’empêcherait pas des parlementaires de faire venir des fonctionnaires de la Commission ou du Conseil ou de se rendre à Bruxelles de temps en temps ». 

Installer le futur Institut Européen de Technologie (IET) à Strasbourg a été envisagé comme une possible contrepartie si le Parlement ne se trouve plus qu’à Bruxelles.  

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.