Pour Ljubljana, l’UE doit allier son soft power à son hard power

Il est temps pour l’UE de « se reconcentrer sur les tactiques pour aborder les enjeux stratégiques », a déclaré Janez Janša lorsqu’il a présenté l’agenda de la présidence slovène au Conseil de l’UE aux députés lundi (5 juillet). [EPA-EFE/TOMI LOMBAR]

D’après le Premier ministre slovène, l’UE doit élaborer des tactiques pour aborder les enjeux stratégiques. Comment ? En mettant l’accent sur son pouvoir d’attraction et de coercition dans le but de marquer sa place à l’échelle régionale et mondiale.

Pendant des années, le bloc a dû surmonter les conséquences de son inaction sur le plan stratégique. Désormais, il est temps pour l’UE de « se reconcentrer sur les tactiques pour aborder les enjeux stratégiques », a déclaré Janez Janša lorsqu’il a présenté l’agenda de la présidence slovène au Conseil de l’UE aux députés lundi (5 juillet).

L’élargissement de l’UE pourrait être un « exploit majeur » sous la présidence tournante slovène

Le ministre portugais des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva, a déclaré jeudi (24 juin) que l’amorce des négociations d’adhésion à l’UE avec la Macédoine du Nord et l’Albanie serait « un exploit majeur » de la prochaine présidence tournante slovène du Conseil de l’UE.

À ses yeux, l’objectif de Ljubljana pour la Conférence sur l’avenir de l’Europe consiste à échanger des points de vue au sujet de l’ouverture de la politique étrangère et de la sécurité. Il s’agit là de points essentiels à éclaircir si « l’UE veut devenir l’acteur principal régional en Europe, en Méditerranée et chez ses voisins, où son rôle est actuellement remis en cause de façon considérable. Et plus particulièrement, si l’Europe souhaite marquer sa place à l’échelle mondiale ».

Mentionnant le fait que l’Europe s’affaiblit sur le plan démographique tandis que le taux de natalité monte en flèche en Afrique subsaharienne, le représentant slovène a déclaré que l’Europe « était confrontée à un dilemme très simple : aider ces nations à créer un système où les populations africaines ont des perspectives […] ou construire des murs et des barrières maritimes dans la Méditerranée, car ces peuples chercheront un meilleur avenir ».

« L’UE doit s’entretenir à ce propos et se rendre compte du fait que son pouvoir de séduction (soft power) à lui seul ne suffit pas », a-t-il ajouté.

Pour M. Janša, les discussions sur la nécessité de former une armée européenne et les débats sur le pouvoir de coercition (hard power) du bloc sont en cours depuis trop longtemps.

« Il s’avère que la souffrance et la pauvreté se répandront si l’UE ne parvient pas à allier son soft et hard power, notamment en Afrique. Si l’UE ne réfléchit qu’à moitié aux solutions à apporter, comme ce fut le cas en Libye, et ne garantit pas la sécurité des habitants afin qu’ils puissent décider de leur avenir de façon démocratique, alors nous faisons plus de mal que de bien », a conclu le Premier ministre.

Lancement de la présidence slovène du Conseil de l’UE

Aujourd’hui (1er juillet), la Slovénie reprendra la tête du Conseil de l’UE à la suite du Portugal. Comme le veut la tradition, Ljubljana accueillera le collège des commissaires avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à sa tête.

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