Juncker devrait axer son discours sur la police des frontières et l’immigration

epa05572800 Des agents européens en service lors du lancement officiel des gardes-frontières et des garde-côtes européens, au poste de contrôle de Kapitan Andreevo, à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, le 6 octobre 2016. EPA/ORESTIS PANAGIOTOU [Orestis Panagiotou]

Selon El País, le discours de Jean-Claude Juncker sur l’état de l’Union se centrera sur l’instauration d’une police des frontières et le transfert de la compétence de l’immigration illégale au niveau européen.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, délivrera son discours annuel sur l’état de l’Union à Strasbourg, le 12 septembre. Selon le quotidien espagnol El País, le discours sera accompagné de l’approbation de plusieurs projets législatifs, notamment celui sur la création d’un vrai service de garde-frontière et garde-côte européen, doté de pouvoirs jusqu’ici réservés aux autorités nationales.

Ce nouveau service pourra intervenir dans des États tiers et participer aux opérations d’expulsion des migrants illégaux.

L’UE dépensera plus pour ses frontières que pour l’Afrique

La proposition de la Commission pour le renforcement des frontières alloue pour la première fois plus d’argent au contrôle de l’immigration qu’à l’aide au développement pour l’Afrique.

Cette mesure est dans les tuyaux depuis des années, mais a toujours été décriée par plusieurs pays, en particulier ceux du sud de l’Europe, qui ne voient pas d’un bon œil l’abandon de leurs compétences à l’UE sur un sujet aussi sensible.

Les tensions à ce sujet ont connu une recrudescence suite au refus de l’Italie de laisser débarquer sur son sol des personnes sauvées en mer. La Commission aurait donc estimé que la gestion des flux migratoires au niveau national ne fonctionnait pas et devait être remplacée par une action centralisée.

L’approbation de la proposition constituerait un bond en avant remarquable dans la fédéralisation de la surveillance, souligne le journal espagnol, qui note que la création de Frontex, en 2004 et son renforcement en 2016 avec la création d’une agence des frontières, n’avaient pas empiété sur la compétence des États.

Le service de garde-frontière et garde-côte européen compte environ 1 500 agents déployés, contre plus de 100 000 gardes-frontières nationaux. Il n’intervient que sur demande des pays et en collaboration avec les gardes-frontières nationaux.

Bruxelles a déjà proposé de porter à 10 000 le nombre d’agents européens avant 2020. Avec la proposition qui devrait être annoncée le 12 septembre, elle donnerait à cette force un commandement centralisé et de larges pouvoirs.

Jean-Claude Juncker proposera en même temps une amélioration des canaux légaux d’émigration, en vue de faciliter les arrivées légales et contrôlées en Europe. Ces propositions-là devraient être présentées sous la forme d’une communication, un format moins important que le projet législatif de renforcement des frontières.

Face à la crise migratoire, l’Europe collabore toujours plus avec les pays autoritaires

L’UE consacre de plus en plus de fonds à l’externalisation de ses frontières. Une politique qui a pour conséquence la subvention de certains gouvernements autoritaires, à l’image du Soudan.

 

Cyberattaques

Par ailleurs, la Commission devrait également adopter des mesures pour tenter de garantir l’intégrité des élections européennes de mai 2019. Le président de la Commission prévoirait d’exiger que les réseaux sociaux suppriment les informations frauduleuses en moins d’une heure après leur détection.

Il est également prévu de renforcer la surveillance d’éventuelles ingérences électroniques dans le puissant mécanisme électoral qui sera lancé entre le 23 et le 26 mai 2019, les quatre jours pendant lesquels les 705 membres du Parlement européen seront élus.

La menace des cyberattaques ressurgit à l’approche des élections européennes

Les élections européennes 2019 pourraient provoquer une recrudescence de cyberattaques, qui pourraient même empêcher la formation d’un nouveau Parlement européen. C’est en tout ca ce que craint l’Autorité des systèmes d’information en Estonie.

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