Tusk et Di Maio prêchent des version contraires du futur de l’UE

Pour Donald Tusk, l'UE est le seul avenir possible. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Pour Donald Tusk, président du Conseil européen, la responsabilité de pérenniser l’UE repose sur la Pologne. En Italie, le vice-président du Conseil des ministres, Luigi Di Maio prône la fin de l’UE telle que nous la connaissons.

Le 6 octobre dernier, Donald Tusk participait à la conférence sur le rôle de l’Église catholique dans le processus européen d’intégration, à Cracovie. Le même jour, Luigi Di Maio assistait à la fête du syndicat national d’agriculteurs à Rome.

Pas de meilleure alternative

« La Pologne, comme d’autres pays, devrait prendre sur elle une part de responsabilité de la stabilité de la communauté européenne. Il leur revient aussi de s’assurer que l’Union européenne survivra dans la forme que nous connaissons et à laquelle nous avons adhéré », affirmait Donald Tusk, actuel président du Conseil européen et ancien Premier ministre polonais, lors de son discours consacré aux perspectives du développement de la Pologne dans l’Union européenne.

Après sept ans à la tête du gouvernement polonaise et quatre ans à la présidence du Conseil, l’homme politique prétend avoir engrangé une grande expérience.

« Je suis profondément persuadé  […], qu’il n’y a pas de meilleure alternative pour nous, les Polonais, en supposant qu’une alternative existe, que l’adhésion à une communauté politique européenne » assure-t-il.

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Enracinement politique

Les bénéfices financiers ne sont pas les seuls avantages de l’union, pour Tusk, qui juge tout aussi important de « s’arracher de la réalité politique de l’Est » et de « prendre racine à nouveau et durablement dans la communauté politique de l’Ouest » de l’Europe.

Donald Tusk a rappelé l’engouement de Jean-Paul II pour l’Europe au moment où les Polonais devaient décider s’ils voulaient entrer dans l’UE ou rester « entre les deux », coincés entre l’Est et l’Ouest. « Il parlait haut et fort, parfait il criait, pour expliquer aux Polonais la chance qu’ils avaient de pouvoir participer à ce qui pourrait être le plus beau procédé politique de l’histoire. »

 

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L’UE sera « finie » dans six mois

Le vice-Premier ministre italien et responsable du développement économique, Luigi di Maio, estime de son côté que l’Union européenne et son cadre de gouvernance actuelle sera « finie » dans les six mois. Il prédit en effet que les élections européennes qui auront lieu en mai prochain seront un « tremblement de terre politique ».

« Je ne suis pas venu ici pour hausser la voix contre l’Union, car, disons le honnêtement, dans six mois l’Europe actuelle sera finie », a clamé le ministre italien du Développement économique  et du Travail lors de la fête du syndicat national des agriculteurs, où il représentait son parti, le Mouvement 5 Étoiles.

Selon lui, l’Union européenne survivra seulement « quelques mois » dans sa configuration actuelle, car les élections du mois de mai apporteront au Parlement européen « le même tremblement de terre qu’ont apporté les élections en Italie », en mars dernier. « Ce qui veut dire que les pétitions qui ont été ignorées et trahies arriveront au Parlement en quadruplant de force. »

Luigi Di Maio a aussi fait référence à la lettre adressée la veille, le 5 octobre, par la Commission européenne au gouvernement italien. La Commission y exprimait son inquiétude quant au plan budgétaire italien, qui s’éloigne des normes de l’UE. Rome prévoit en effet un déficit de 2,4% du PIB pour l’année prochaine.

« On s’attendait à ce que ce projet ne plaise pas à Bruxelles. Le dialogue avec la Commission européenne commence maintenant, mais il doit être clair qu’il est hors de question de reculer », a-t-il affirmé.

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