Tusk planche sur une feuille de route en faveur de l’unité européenne

Donald Tusk et Jüri Ratas lors du sommet de Tallinn. [European Council]

Le président du Conseil européen, s’est donné deux semaines pour discuter avec les dirigeants de chaque État membre et proposer un projet pour l’avenir de l’UE.

Donald Tusk a déjà rencontré les chefs d’État et de gouvernement estonien, bulgare, croate et allemand à l’occasion du sommet du 29 septembre à Tallinn. Il recueillera les impressions de tous les autres pays européens avant de proposer un projet pour l’avenir de l’Europe, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.

Lors du dîner de jeudi soir, les dirigeants des États membres ont demandé à Donald Tusk comment ils devraient réagir aux discours sur l’avenir du bloc prononcés récemment par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, et Emmanuel Macron, le président français. Les représentants des États membres étaient réunis à Tallinn pour un sommet sur la technologie, à l’exception de Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol, retenu à Madrid par le référendum d’indépendance catalan.

Le président du Conseil entend donc préparer un projet pour le futur immédiat de questions comme la défense, l’union économique et monétaire et les Balkans occidentaux. « Je me concentrerai sur les solutions réelles à apporter aux problèmes réels de nos concitoyens, qui s’inquiètent de la sécurité, de l’immigration ou du chômage », a-t-il annoncé, qualifiant l’initiative de « programme des dirigeants pour 2017 et 2018 ».

Eviter les inquiétudes

Il a indiqué vouloir éviter toute inquiétude de la part des États membres qui ne font pas partie de la zone euro et qui se sont opposés l’an dernier au scénario d’Europe « à plusieurs vitesses », dans lequel certains États progresseraient plus vite vers davantage d’intégration que d’autres. « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour maintenir l’unité européenne », a-t-il assuré.

Donald Tusk compte envoyer sa proposition aux États membres une semaine avant le sommet qui se déroulera à Bruxelles les 19 et 20 octobre. Selon les informations obtenues par Euractiv, cela permettrait aux dirigeants d’analyser ses propositions et de préparer leurs réponses.

La rencontre de la semaine dernière à Tallinn était un sommet dit « informel ». Il n’y a pas de conclusions officielles publiées à son issue, et la pression reposant sur les États membres est donc moindre. Les discussions ont même été clôturées une heure plus tôt que prévu et le Premier ministre estonien, Jüri Ratas, s’est ensuite rendu à un concert de Sting, invitant certains de ses homologues à l’accompagner.

Les dirigeants se sont cependant clairement accordés sur leur intention de mener davantage de sommets informels à l’avenir, notamment dans le cadre de leur réflexion sur l’avenir de l’union. D’ici la fin de l’année, les chefs d’État et de gouvernement devraient ainsi se rencontrer à peu près une fois par mois : lors du sommet du Conseil d’octobre, à Bruxelles, lors d’une rencontre informelle sur les affaires sociales en Suède, en novembre, et lors d’un nouveau sommet officiel en décembre.

« L’année 2018 est une année d’opportunités sur l’agenda européen, il y a des transformations et des défis qui se jouent maintenant », a estimé Emmanuel Macron, qui estime que les dirigeants européens devraient s’exprimer davantage sur l’avenir de l’Europe avant les élections de 2019. « Dans cinq, dans dix ans il sera trop tard. C’est en 2018 que nous devons parachever une feuille de route commune, afin que les élections européennes de 2019 puissent se faire sur cette base. »

Xavier Bettel, le Premier ministre luxembourgeois, a pour sa part indiqué vouloir davantage de réunions informelles, lors desquelles les représentants des États sont « à même de parler, d’échanger sans nécessairement obtenir un résultat » concret. « C’est une initiative commune des 28 », a-t-il ajouté, « même Theresa [May] était présente. Même si elle sort de l’UE, elle est encore européenne, et elle ne veut pas que nous affrontions des temps difficiles. »

Theresa May, la Première ministre britannique, a en effet participé au dîner du jeudi et à la journée dédiée au numérique. Les autres dirigeants n’ont donc pas abordé la question du Brexit.