Londres prévoit de réduire drastiquement l’immigration après le Brexit

1er février 2017 : Manifestation contre le vote de l'article 50. À l'extérieur de la Chambre des communes, un petit groupe de manifestants réclame la fin du Brexit. [Ms Jane Campbell - Shutterstock]

Londres a confirmé le 19 décembre que la plupart des travailleurs issus de l’UE ne jouiraient plus automatiquement du droit à vivre et à travailler sur son sol après le Brexit.

Le livre blanc de l’immigration, qui définira qui pourra entrer au Royaume-Uni après le Brexit, a pour but de « ramener la migration à un niveau tenable », selon Sajid Javid, le secrétaire britannique d’État à l’intérieur.

Le désir de contrôler l’immigration a été un argument décisif lors des campagnes référendaires de juin 2016. Theresa May, la Première ministre, a fait de la libre-circulation des personnes sa bête noire lors des négociations Brexit. À l’heure actuelle, 273 000 personnes entrent chaque année au Royaume-Uni avec le statut d’immigrant.

Le cabinet May veut attirer les travailleurs « hautement qualifiés », une approche déjà adoptée par l’Australie, et prend en compte une recommandation du Comité consultatif indépendant sur les migrations visant à supprimer la limite actuelle de 20 700 travailleurs hautement qualifiés munis d’un visa « Tier 2 ».

L’une des pommes de discorde du livre blanc concerne le salaire minimum requis pour entrer au Royaume-Uni avec un visa de cinq ans. Doit-il être fixé à 30 000 livres (33 250 euros) minimum ?

Ce désaccord, conjugué aux craintes des secteurs de l’alimentation, des services et de la santé d’être durement touchés par les restrictions à l’embauche, a eu pour conséquence de retarder l’entrée en vigueur du livre blanc de plus d’un an.

Les ministres sont apparemment très divisés sur la question du salaire minimum requis, largement supérieur au salaire moyen des Britanniques, et plus haut que ce que le pays peut offrir à ses infirmiers et internes.

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Le secteur de la tech britannique, le plus lourd d’Europe, a également émis des craintes. « Le fait est que les start-ups vont accuser le coup avec ce nouveau système migratoire », s’est affolé Dom Hallas, directeur exécutif de la Coalition pour une économie numérique, avant d’ajouter que « seul un gouvernement est capable de penser qu’à moins de 30 000 livres, on est forcément peu qualifié. Beaucoup de start-ups ne peuvent pas se permettre de payer plus ».

Le livre blanc stipule également que les travailleurs peu qualifiés peuvent prétendre à des visas à court terme, jusqu’à un an. Les citoyens de l’UE n’auraient pas besoin de visa pour les séjours inférieurs à six mois.

Londres prévoit d’implémenter ce nouveau système en 2021, mais selon, Sajid Javid, la loi immigration risque de passer « avec ou sans accord ».

« La Grande-Bretagne restera le pays ouvert à toutes les propositions », a promis le secrétaire d’État aux ministres lors du lancement du livre blanc le 19 décembre. « On ne ferme pas nos portes. On ne fait que contrôler qui rentre. »

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Cela n’a toutefois pas suffi à calmer les ardeurs les chefs d’entreprise, qui ont vivement critiqué la proposition. « Les propositions présentées dans le livre blanc ne répondent pas aux besoins du Royaume-Uni et seraient un coup dur pour de nombreuses entreprises dans tout le pays », estime Josh Hardie, directeur général adjoint de la Confédération britannique de l’industrie (CBI).

La Fédération des petites et moyennes entreprises (FSB) a à son tour dénoncé la réduction de sa capacité d’embauche des travailleurs moyennement et faiblement qualifiés, arguant que cela causerait « de graves perturbations dans l’économie ».

« Avec un taux d’emploi record, les petites entreprises ont déjà du mal à accéder aux compétences dont elles ont besoin », a déclaré Mike Cherry, président de la FSB.

Le gouvernement écossais a également vilipendé le livre blanc, la Première ministre Nicola Sturgeon le décrivant comme « un acte de vandalisme envers l’économie écossaise et les services publics ».

« Si le nombre d’immigrants diminuait de moitié, ce qui entraînerait tout d’abord une baisse de la population écossaise de 1 %, le nombre d’enfants chuterait de 4,3 % et tout cela nuirait à notre assiette fiscale », a conclu la ministre écossaise des Affaires étrangères, Fiona Hyslop.

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