Brexit. Le Royaume-Uni n’est toujours pas suffisamment préparé

Avec ou sans accord commercial, le Royaume-Uni n’est pas encore suffisamment préparé pour la fin de la période transitoire post-Brexit, d’après un rapport publié samedi (19 décembre) par le Parlement britannique. EPA-EFE/WILL OLIVER

Avec ou sans accord commercial, le Royaume-Uni n’est pas encore suffisamment préparé pour la fin de la période transitoire post-Brexit, d’après un rapport publié samedi (19 décembre) par le Parlement britannique.

Le document, rédigé par la commission parlementaire pluripartite chargée des relations futures, appelle le gouvernement britannique à mettre en place des « plans d’urgence solides » pour résoudre toute perturbation à la frontière et aux points d’entrée, de même qu’il demande à l’UE et au Royaume-Uni d’assurer la réciprocité des mesures de « no-deal » et le contrôle progressif des biens.

« En l’état actuel des choses, le gouvernement doit être prêt à introduire des plans d’urgence si nécessaire afin de résorber les répercussions entraînées par toute perturbation. S’il n’y parvient pas, l’année 2021 commencerait au plus mal pour bon nombre de personnes et de commerces, qui traversent déjà les moments les plus difficiles », peut-on lire dans le rapport.

Le Royaume-Uni quittera le marché unique européen et l’union douanière à la fin de la période de transition le 31 décembre. Si les pourparlers en cours ne débouchent pas sur un nouvel accord commercial, les deux parties seront soumises aux seules règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), synonymes de droits de douane et quotas, et ce à partir du 1er janvier 2021.

« Il reste sept jours ouvrables d’ici au 31 décembre, des inquiétudes persistent », a soutenu le président de la commission Hilary Benn.

De part et d’autre de la Manche, pas de lumière au bout du tunnel

Les négociations entre la France et le Royaume-Uni concernant la gestion du tunnel de la Manche risquent de tourner à l’échec, tandis que la partie britannique qualifie les plans ferroviaires européens de « tout à fait inacceptables ».

« Le gouvernement ne peut pas garantir aux commerces et aux citoyens l’avenir des domaines actuellement négociés. Mais, tandis que nous quittons le marché unique européen et l’union douanière, les sociétés exportant des biens vers l’UE seront confrontées à plus d’obstacles et des coûts supplémentaires à partir du 1er janvier », a-t-il ajouté.

La commission a également averti que beaucoup d’entreprises et négociants ne seront pas en mesure de mettre à jour leur système pour y intégrer les nouveaux dispositifs informatiques de l’administration fiscale britannique, de même qu’ils ne seront pas assez formés pour utiliser le nouveau logiciel.

La semaine dernière, la Commission européenne a proposé des mesures d’urgence pour assurer le principe de réciprocité dans son ensemble et garantir la connectivité entre Bruxelles et Londres. En outre, elle a également émis l’idée d’accorder aux navires de l’UE et du Royaume-Uni la possibilité d’un accès réciproque aux eaux de l’autre partie.

Par ailleurs, alors que les législateurs britanniques saluent la mise en œuvre de l’accord de retrait et du protocole sur l’Irlande du Nord, ils se sont dits « inquiets des camions ne disposant pas des bonnes autorisations [pour continuer leur chemin], des perturbations routières autour des ports et de la perte de bases de données européennes des services chargés de l’application de la loi ».

« Il est également décevant qu’un accord sur le protocole de l’Irlande du Nord n’ait pas pu être conclu avant maintenant et que certaines questions aient été reportées », ont écrit les membres de la commission parlementaire britannique.

Parallèlement, les négociations pour un nouvel accord commercial entrent « dans la dernière ligne droite », a déclaré le négociateur en chef du Brexit pour l’UE devant le Parlement européen vendredi (18 décembre), ajoutant qu’il s’agissait « du moment de vérité » pour les deux parties.

Il y a encore une « chance » de parvenir à une entente, « mais la voie est très étroite ».

De son côté, Boris Johnson a une nouvelle fois invité l’UE à faire le premier pas afin de surmonter les derniers obstacles, et ce en présentant une nouvelle proposition liée à l’accès aux eaux de pêche britanniques.

« Aucun gouvernement [agissant de manière] raisonnable » ne signerait un accord qui ne permettrait pas au Royaume-Uni de garder le contrôle de sa législation et ses droits de pêche, a fait savoir le Premier ministre, avançant qu’un « no-deal » était encore l’issue la plus probable des négociations.

« Oui, les débuts seront difficiles. Mais, ce pays connaîtra une forte prospérité, comme je l’ai déjà dit à maintes reprises, peu importe les conditions et les accords », a-t-il poursuivi.

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