Un opposant hongrois demande à l’UE de ne pas financer Orbán

Gergely Karácsony [@EFE]

Un des leaders les plus visibles de l’opposition hongroise, Gergely Karácsony, demande à l’UE de cesser de financer les politiques eurosceptiques et populistes du Premier ministre Viktor Orbán avec des fonds européens. Un article de notre partenaire, Euroefe.

« Le fait qu’Orbán calomnie l’Union européenne avec de l’argent qui vient de l’UE, et alors que la Hongrie fait partie de l’UE, est frustrant pour l’opposition europhile », explique à l’agence espagnole Efe, Gergely Karácsony, co-président du parti Parbeszéd  (Dialogue).

Cet homme politique, candidat aux élections d’avril dernier avec la coalition formée par le parti socialiste et Parbeszéd , a obtenu 12 % des voix, derrière Viktor Orbán (49 %) et Gábor Vona, candidat pour l’extrême droite (19 %).

Gergely Karácsony se définit comme « le maire le plus gauchiste de Hongrie » et dirige le 14ème arrondissement de Budapest. La capitale hongroise est la ville la plus habitée du pays d’Europe central et un bastion de l’opposition.

Utilisation des fonds européens

« Il faudrait un système où ce ne sont pas les gouvernements nationaux qui décident de l’utilisation des fonds européens, mais l’UE elle-même », estime Gergely Karácsony.

Selon lui, le gouvernement de Viktor Orbán utilise les fonds européens pour son propre intérêt et pour cimenter les messages populistes qu’il promeut.

Le responsable de l’opposition estime que les financements européens doivent promouvoir le développement et non pas aider le « régime de Viktor Orbán ».

Les eurodéputés réclament le déclenchement de l’article 7 contre la Hongrie

La commission libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen a proposé le 25 juin de suspendre la Hongrie de son droit de vote au Conseil européen pour violation des valeurs fondamentales de l’UE.

 

« Nous espérons que l’UE, étant donné ses intérêts, réagira à cette situation dans laquelle des pays profite du fait que l’Union cherche toujours le consensus », ajoute Gergely Karácsony.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orbán  et son parti conservateur, le Fidesz, font l’objet de critique à l’intérieur et en dehors du pays. On leur reproche de saper la séparation des pouvoirs et de limiter la démocratie.

Dans le même temps, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF)  a demandé à plusieurs reprises au procureur hongrois qu’il enquête sur des affaires de détournements de fonds européens.

Ni démocratie, ni dictature

« Le régime de Viktor Orbán est hybride, ce n’est ni une démocratie, ni une dictature », commente Gergely Karácsony, qui explique que même si le système offre les conditions pour une concurrence politique, les opportunités d’opposition ne sont pas égales à celle du parti au pouvoir.

L’opposition manque de visibilité puisque « les médias sont soit sous le joug du Fidesz, soit apolitiques ».

L’opposition de gauche, actuellement plongée dans une crise profonde et divisée, attend les élections locales de l’automne 2019 pour tenter de se coordonner et de faire face à Viktor Orbán.

Mais pour cela « la politique de gauche devrait repartir de zéro », assure-t-il, tout en prenant pour exemple la modernisation des partis progressistes espagnols et portugais.

« En Hongrie, la gauche doit être capable de se construire une nouvelle identité politique, c’est nécessaire mais pas suffisant pour un changement de gouvernement », affirme Gergely Karácsony. Il faudra le soutien et la coopération d’autres formations.

« Au populisme démagogue de droite, il faudra opposer un populisme de gauche, dans le sens le plus positif du terme. »

La Hongrie d'Orban, un État mafieux

Alors que Viktor Orban et de son parti Fidesz ont remporté les élections législatives en Hongrie, Balint Magyar n’hésite pas à décrire la Hongrie comme un État mafieux. Une interview réalisée par notre partenaire Euractiv Pologne.

 

Stratégie de la peur

Ces dernières années, les messages politiques de Viktor Orbán ont tourné autour du rejet de l’immigration pour générer la peur dans la société en associant les réfugiés au terrorisme, soutient le responsable de gauche.

« La société hongroise est plus conservatrice du point de vue de l’identité, de la peur de l’immigration, du nationalisme », considère Gergely Karácsony qui pense dans le même temps que les Hongrois sont « très partisans de l’égalité sociale et de la solidarité. »

Avec un discours social, « il serait évident qu’un gouvernement de gauche serait dans l’intérêt de la majorité de la société », assure le politique hongrois, qui a confiance dans le fait qu’en 2022, un front progressiste uni à des partis de centre-droit pourra renverser Viktor Orbán.

Gergely Karácsony estime que « seul le peuple hongrois peut obtenir sa liberté avec ses propres outils », faisant ainsi référence aux pétitions demandant à l’UE d’agir contre le gouvernement Orbán. Malgré son européisme, le maire hongrois met en garde contre une UE à deux vitesses, ce qui serait une tragédie pour la Hongrie, qui resterait en périphérie du projet européen.

L’Autriche joue les intermédiaires avec la Hongrie

En position délicate au niveau européen, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, peut compter sur la médiation autrichienne pour assurer le dialogue avec le reste de l’UE. Un article d’Euractiv Allemagne.

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