Verhofstadt prêt à orchestrer les agoras de citoyens sur le futur de l’Europe

Le terme agora fait référence à la démocratie directe pratiquée par les Grecs dans l'Antiquité

Des centaines de citoyens seront conviés, à partir de mai prochain, à réfléchir au futur de l’Europe au sein d’agoras thématiques. La démocratie directe met ainsi un pied dans la porte des institutions européennes.

Après un débat houleux au sein de la conférence des présidents de groupe du parlement européen, le belge Guy Verhofstadt a enfin obtenu gain de cause : c’est lui qui devrait présider la conférence sur l’avenir de l’Europe.

Même ce lot de consolation, évoqué par Emmanuel Macron dès l’été dernier, n’a pas été facile à arracher au PPE. Pour les eurodéputés, cette consultation revêt en effet une importance particulière, puisqu’elle est censée sortir l’UE de sa crise de crédibilité. Le pilotage de son organisation est donc considéré par certains comme un des « top jobs » européens. Alors que la gauche et le centre ont déjà eu leur lot de représentants, la droite n’a donné son accord qu’en échange du soutien de Renew à l’obtention de la présidence du Parlement européen par Manfred Weber, d’ici deux ans.

Sur le fond, la France attend beaucoup de cette nouvelle consultation, dont l’ampleur devrait être différente que les consultations précédentes, en raison d’une organisation très rigoureuse. En témoigne la résolution mise sur la table par le Parlement européen, qui doit être débattue mercredi 15 janvier, et qui promet d’ouvrir la conférence sur l’Europe le 9 mai prochain, et ce pour deux ans.

Les Français rêvent d'une Europe écologique

Le Conseil européen des 13 et 14 décembre se penchera sur le résultat des consultations citoyennes. Les Français rêvent d’une Europe plus écologique, à laquelle les citoyens participent plus, et plus juste socialement. L’UE est-elle capable de répondre à leurs attentes ?

« C’est la première fois que le principe de participation des citoyens, mais une participation réelle, pourrait être acceptée au niveau européen» souligne l’un des soutiens de la proposition, Pascal Durand, eurodéputé Renew, qui insiste sur le fait que les participants, représentatifs de la diversité européenne, seront réunis au sein d’une assemblée plénière, après que des agoras thématiques aient statué sur différents sujets. « L’idée est de représenter les idées des Européens, pas de défendre les positions nationales » insiste l’eurodéputé, issu des Verts, où la question de la participation démocratique est une préoccupation permanente.

Plusieurs agoras de 200 à 300 citoyens

Selon la résolution présentée à l’assemblée européenne, chaque agora portant sur les priorités politiques distinctes comportera de 200 à 300 citoyens, et au minimum 3 par Etat membre ; les citoyens devront être représentatifs en âge, genre, origine social et niveau d’éducation. Leur sélection sera organisé dans chaque Etat membre par des institutions indépendantes, mais aucun d’entre eux ne doit venir du gouvernement ou de lobbys.

En plus des ces « agoras » thématiques dont la dénomination fait clairement référence à la démocratie grecque, où tous les citoyens se rassemblaient pour décider de la loi, des agoras de jeunes au débat et à la fin de la Conférence sur l’avenir de l’Europe sont préves.

La Conférence plénière rassemblera, en plus des citoyens, des représentants de toutes les institutions européennes ainsi que des parlements nationaux, soit au bas mot 2000 personnes.

Les consultations citoyennes ont surtout séduit les pro-européens

En France, 70 000 personnes ont participé au débat sur l’Europe durant les 7 derniers mois. Problème : les eurosceptiques ont peu pris part aux discussions.

 

 

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