Vives réactions aux lois sécuritaires adoptées par l’Ukraine

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L'adoption de lois sécuritaires par le gouvernement ukrainien a entraîné une manifestation importante ce week-end, et des réactions immédiates des institutions européennes. Des violences ont émaillé la protestation de l'opposition.

Les États-Unis se sont joints à l’Europe pour appeler dans la nuit de dimanche à lundi (20 janvier) à la fin des violences en Ukraine. Dimanche, le plus gros rassemblement de l’opposition depuis le début de l’année 2014 avait pourtant bien démarré.  

Lois sécuritaires

100.000 personnes sont venues pacifiquement dire leur colère après l’adoption jeudi de lois sécuritaires.  Elles prévoient notamment des peines de plusieurs jours de prison et des amendes pour l'installation sur la place publique de tentes, de scènes ou de haut-parleurs non autorisés.

Des textes immédiatement jugés « choquants » et irrespectueux de la démocratie par Stefan Füle, le commissaire à l’élargissement et au voisinage. Le diplomate tchèque est en première ligne des relations entre l’Europe et l’Ukraine depuis le début de la crise dans le pays d’Europe centrale, s’est aussi déclaré « déçu » de ces atteintes à la démocratie et a prévenu  que ce texte aurait des conséquences sur les partenariats futurs envisageables entre l’Europe et l’Ukraine.

La crainte d'une dictature ?

L’opposante Ioulia Timochenko ainsi que plusieurs ONG occidentales dont Transparency International avait dénoncé l’instauration d’une « dictature »

Dimanche soir en fin de journée, de jeunes manifestants masqués et armés de bâtons s'en sont pris à un cordon de police et ont tenté de renverser un autocar barrant l'accès au parlement.

En dépit des appels à la retenue lancés par l'opposition et malgré l'intervention personnelle de l'ancien boxeur Vitali Klitschko, figure de la contestation contre le président Viktor Ianoukovitch, les protestataires ont continué à jeter des fumigènes et d'autres objets en direction des forces de l'ordre.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que 30 policiers avaient été blessés lors de ces heurts et qu'une dizaine avaient été hospitalisés dont quatre se trouvaient dans un état grave.

Le boxeur Klitschko en première ligne

La tension demeurait palpable à la nuit tombée, les policiers ayant recours à des canons à eau pour disperser les manifestants qui s'étaient rassemblés près du parlement et des bâtiments du gouvernement fortement gardés.

Un porte-parole de Klitschko a indiqué sur le réseau Twitter que l'ex-boxeur avait accepté de rencontrer immédiatement Ianoukovitch dans sa résidence présidentielle à l'extérieur de Kiev. L'information n'a pas été confirmée par la présidence, dont la porte-parole a démissionné vendredi. Une série de démissions ont parcouru le gouvernement depuis jeudi dernier.

Le président s’est engagé à créer lundi matin une commission comprenant des représentants de l’administration présidentielle du gouvernement et de l’opposition.

Catherine Ashton, haute représentante aux affaires étrangères de l'UE, s'est dite vendredi « profondément préoccupée » après l'adoption de ces textes votés « précipitamment » qui limitent « les droits fondamentaux » des Ukrainiens.

Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a estimé que la situation « alarmante » en Ukraine devrait être discutée lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, le 20 janvier.

« Ce que la Russie a fait en 60 jours après l'investiture de Poutine (en 2012), l'Ukraine l'a fait en 20 minutes », a écrit sur son compte Twitter Rachel Denber, responsable pour l'Europe de Human Rights Watch.

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