Ursula von der Leyen veut un budget de l’UE sous forme de « plan Marshall  »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [Commission européenne]

Le prochain budget à long terme de l’UE doit être un instrument clé du plan de relance pour affronter les graves conséquences économiques de la crise sanitaire, a indiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Certains parlent d’un plan Marshall. Le budget européen devrait être [ce] plan Marshall que nous établissons ensemble », a affirmé Ursula von der Leyen lors de la présentation d’un ensemble de mesures destinées à aider les pays les plus touchés par le coronavirus.

Plusieurs États membres, dont l’Espagne, gravement affectée, ainsi que le président du Conseil européen, Charles Michel, demandent l’instauration d’un plan Marshall pour soutenir l’économie de l’UE après le choc du COVID-19.

« Nous savons tous que durant cette crise, nous avons besoin de réponses rapides et nous ne pouvons prendre deux ou trois ans pour inventer de nouveaux outils », a soutenu la présidente. « Le [cadre financier pluriannuel (CFP) – le budget à long terme de l’UE,] constitue l’outil le plus puissant que nous possédions ».

« Nous voulons configurer le CFP de sorte qu’il joue un rôle crucial dans notre plan de relance », a-t-elle ajouté.

Ursula von der Leyen a annoncé il y a peu que la Commission ébaucherait un nouveau plan de budget septennal, afin de surmonter la crise économique provoquée par les mesures de confinement imposées partout en Europe pour contenir le virus.

La présidente a expliqué que les priorités du budget — à savoir le passage au numérique, la décarbonisation et le renforcement de la résilience — resteraient identiques, mais que la nouvelle proposition devait envoyer « un signal d’investissement très fort » et refléter les intérêts de l’UE.

Comme le CFP actuel se clôture fin 2020, les leaders européens étaient en pleins pourparlers sur le prochain budget lorsque la pandémie a commencé à se propager au sein de l’UE. Les États membres étaient alors partagés entre l’adoption d’un budget plus maigre après le Brexit ou, au contraire, plus ambitieux.

Des prêts pour l’emploi

Ursula von der Leyen a présenté une série de mesures de soutien aux économies nationales. Cela inclut notamment l’instrument SURE (« Support to mitigate Unemployment Risks in an Emergency » – un programme de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence), un régime d’aide au secteur agricole, et le transfert de tous les fonds de cohésion non alloués dans la lutte contre la crise.

Fonds corona à 100 milliards d’euros : mode d'emploi

D’après une ébauche de proposition consultée par Euractiv, les États membres fourniront jusqu’à 100 milliards d’euros de garanties pour créer un fonds temporaire de soutien aux travailleurs des pays durement touchés par le coronavirus, comme l’Italie et l’Espagne.

« Au-delà des liquidités et des autres [mesures de] soutien, nous allons présenter une nouvelle proposition afin de préserver le cœur battant de l’économie européenne et ses travailleurs qualifiés », a précisé la présidente à propos de l’instrument SURE.

Au travers de ce programme, les États membres débloqueront jusqu’à 100 milliards d’euros de garanties au total, afin d’assurer l’avenir des travailleurs et des entreprises malgré le ralentissement économique.

« La Commission fournira des prêts aux États membres dans le besoin pour renforcer leurs régimes de travail à court terme », a déclaré Ursula von der Leyen.

« Cela sera possible [si] les États membres fournissent une garantie d’au moins 25 milliards d’euros. […] C’est la solidarité européenne en action », a-t-elle ajouté.

La présidente de la Commission a signalé avoir présenté son plan la semaine dernière aux dirigeants de l’UE lors de la téléconférence du Conseil européen, et est restée en contact avec eux depuis. Les leaders avec qui elle s’est entretenue se sont montrés « intéressés, ouverts et positifs ».

Par ailleurs, l’exécutif européen a annoncé que le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), le budget de la politique agricole commune (PAC) et les fonds de cohésion non alloués pourraient tous être utilisés de façon flexible.

La Commission débloquera tous les fonds restants du budget de l’UE actuel pour aider les systèmes de santé européens, notamment par le réapprovisionnement du matériel médical et l’augmentation des tests.

Cette série de mesures traduit la volonté de la Commission de protéger le marché unique après la fermeture des frontières européennes, mais aussi de garantir la flexibilité financière de l’UE pour permettre aux pays d’investir dans la lutte contre la pandémie.

Les ministres européens des Finances s’entretiendront sur ce projet le 7 avril prochain. L’Eurogroupe a quant à lui été sommé par le Conseil européen d’établir un plan de relance économique pour remettre l’UE d’aplomb une fois la crise terminée.

L'assurance-chômage européenne à l'agenda de l'Eurogroupe

La semaine prochaine, la Commission compte présenter un système de réassurance chômage paneuropéen aux ministres des Finances de l’UE, afin de soutenir les États membres les plus affectés par le coronavirus.

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