Élections à Vienne : une coalition rouge-vert, l’option la plus probable

Les élections municipales de Vienne témoignent d’une belle victoire pour les sociaux-démocrates (SPÖ), tandis que l’extrême droite (FPÖ) essuie un échec cuisant. Les résultats définitifs devraient être dévoilés mardi soir (13 octobre). EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA

Les élections municipales de Vienne témoignent d’une belle victoire pour les sociaux-démocrates (SPÖ), tandis que l’extrême droite (FPÖ) essuie un échec cuisant. Les résultats définitifs devraient être dévoilés mardi soir (13 octobre). Un article d’Euractiv Allemagne.

Vienne a voté, et Vienne restera « la Rouge ». Récoltant 52 % du scrutin, le SPÖ est le grand vainqueur des élections municipales de la capitale autrichienne. Forts de ce pourcentage, les sociaux-démocrates n’ont pas seulement défendu leur position de leaders historiques, ils l’ont confirmée, et ce, avec 2,6 % de plus qu’auparavant (le décompte des votes n’est pas encore fini). Le bourgmestre Michael Ludwig occupe désormais une position confortable et peut chercher son prochain partenaire « junior » de coalition en toute tranquillité.

Trois options se détachent au regard des résultats, mais dans la pratique, seules deux sont envisageables. La famille conservatrice (ÖVP) du chancelier Sebastian Kurz serait le deuxième parti le plus puissant, avec 18 % des voix, soit le double par rapport au scrutin de 2015. Ce pourcentage est vraisemblablement la conséquence de l’implosion du FPÖ. L’extrême droite n’a en effet décroché que 9 % des voix – soit moins d’un tiers par rapport aux dernières élections. Il semblerait que la tendance des élections européennes et législatives se répète : l’électorat du FPÖ lui a tourné le dos à la suite de plusieurs scandales pour s’allier à l’ÖVP, qui a opéré un glissement à droite ces dernières années.

Une coalition rouge-vert, l’option la plus probable

Cependant, il paraît inimaginable que Michael Ludwig forme une coalition avec l’ÖVP. Les lésions engendrées par la dernière rupture de coalition au niveau fédéral sont bien trop profondes. Après son accession au pouvoir en 2017, Sebastian Kurz a dissous la dernière « Grande coalition » avec le SPÖ, avant d’appeler à la tenue de nouvelles élections à l’issue desquelles le FPÖ est arrivé au gouvernement. Un coup dont le SPÖ ne s’est toujours pas remis à l’échelle fédérale, tandis qu’il siège dans l’opposition et s’empêtre dans des conflits internes. La collaboration entre les deux partis n’est pas d’actualité dans « Vienne la Rouge ».

Il se pourrait donc qu’une coalition rouge-vert y voit le jour. Les deux partis, à la tête de la ville depuis deux législatures, ont même gagné des voix. En effet, les Verts ont récolté 14 % du scrutin, soit 2,2 % de plus que lors des dernières élections. Birgit Hebein, vice-bourgmestre et tête de liste verte, perçoit la mise en place d’une coalition rouge-vert comme une évidence. Et rien ne semble prouver le contraire. Néanmoins, pour Michael Lüdwig, les jeux ne sont pas faits, car une option reste ouverte : une coalition avec les libéraux NEOS.

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Ces derniers ont atteint environ 8 %, ce qui représente également une augmentation par rapport à l’année précédente. Lors de la campagne électorale, Christoph Wiederkehr, tête de liste NEOS, a proposé aux sociaux-démocrates que son parti devienne leur partenaire de coalition. De plus, Michael Lüdwig a salué son homologue libéral au cours d’un débat télévisé, le qualifiant de « bonne surprise ». Toutefois, plusieurs observateurs soupçonnent le chef social-démocrate de ne flirter avec le NEOS que pour se vendre plus cher aux Verts sur le plan de la répartition des portefeuilles.

En effet, les différences entre le NEOS et le SPÖ en ce qui concerne, entre autres, la politique économique, sont particulièrement marquées. LE NEOS est le parti le plus libéral d’Autriche ; ses membres veulent supprimer la bureaucratie, maintenir les magasins ouverts le dimanche, et émettent des doutes sur le partenariat social autrichien, composé de la Chambre économique fédérale et des syndicats. Les syndicats constituent pourtant un pilier du SPÖ et Michael Ludwig leur accorde une importance tout particulière. En effet, il leur doit majoritairement le titre de bourgmestre qui lui a été octroyé par son parti en 2017.

Pas un miracle bleu

Une coalition rouge-bleu avec le FPÖ est impossible. Mathématiquement, le décompte des bulletins de vote peut certes créer la surprise, mais Michael Ludwig a déjà rejeté l’extrême droite au fil de la campagne électorale.

Les Viennois ne veulent pas non plus voir le FPÖ au pouvoir. Il existe plusieurs sources possibles à cette douche froide, mais l’affaire Ibiza de 2019 en est la principale. En mai, le leader du parti et vice-chancelier de l’époque, Heinz Christian Strache, avait été secrètement filmé en train de négocier un soutien financier en échange de contrats publics avec la Russie. Un scandale qui l’avait poussé à la démission.

D’autres scandales ont suivi à son sujet, mais il est tout de même parvenu à grappiller 3,6 % des voix avec son nouveau parti le « Team HC Strache ».

Cette scission au sein du FPÖ aurait dissuadé l’ancien électorat viennois. Selon les analyses des flux d’électeurs, une grande partie s’est tournée vers l’ÖVP, une plus petite vers le SPÖ, et beaucoup sont restés chez eux.

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