Débattre de la relance de l’Europe à partir du 25 mars

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À l’approche du 60ème anniversaire du traité de Rome, l’Union européenne est confrontée à des difficultés profondes qui rendent nécessaire une vision commune partagée par ses dirigeants. Les signataires de la feuille de route du mouvement du 6 mai appellent les Européens à se joindre à eux lors d’une « Marche pour l’Europe », à Rome, le 25 mars.

Le 25 mars prochain, les chefs d’Etat et de gouvernement se réuniront à Rome pour célébrer les soixante ans de l’Union européenne.

Nous devons profiter de cette anniversaire pour écrire une nouvelle page de l’histoire de notre continent, comme invite à le faire le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, quand il annonce l’ouverture d’un grand débat sur l’avenir de l’Europe associant Etats-membres, parlements, société civile organisée et citoyens.

Notre Union est aujourd’hui à la croisée des chemins.  Le statu quo n’est plus possible. Soit elle se disloque dans la dynamique de la crise de la zone euro et du Brexit, soit elle se réinvente pour être en mesure de répondre aux défis de notre époque.

Les défis ne sont pas nouveaux. Ce qui est nouveau, c’est le renforcement de leur dimension transnationale, leur intensité et l’urgence d’y répondre si nous ne voulons pas assister les bras ballants au délitement du lien social, au retour des préjugés et du populisme, au repli sur soi et à la fin de la société ouverte. En bref, à la mise à mal d’un modèle fondé sur la coopération et le multilatéralisme, qui a facilité la généralisation de sociétés démocratiques.

La numérisation du monde, la prolifération de la menace terroriste, les cyberguerres, le réchauffement climatique, la désinformation planétaire organisée, les migrations de masse, la révolution scientifique et industrielle en cours… ne connaissent pas de frontière. Le monde est désormais multipolaire et notre poids relatif décroit rapidement tant du point de vue démographique, qu’économique, politique ou culturel. La mondialisation qui a contribué à réduire la pauvreté, s’est accompagnée d’un rééquilibrage rapide des richesses en faveur de puissances émergentes et d’une fragilisation des classes populaires et moyennes des pays développés.  Ces bouleversements ont ébranlé les repères de nos concitoyens, ouvrant la porte aux tentations autoritaristes, nationalistes et au repli en tous genres.

Les Européens conservent de très nombreux atouts et notre continent reste l’une des zones du monde combinant les plus grandes richesses, les inégalités les plus réduites et les droits politiques, sociaux et fondamentaux les plus avancés et mieux respectés. Et la construction européenne tant du point de vue économique et monétaire, du point de vue des valeurs et des droits avec la Charte européenne des droits fondamentaux que scientifique avec le Centre européen de recherche nucléaire et les programmes d’excellence européens y a largement contribué.

Mais cette dynamique s’essouffle et nous devons savoir écouter les demandes des citoyens européens. Il nous faut mieux positionner l’Europe et veiller à ce que l’Union et ses Etats se renforcent mutuellement. A court terme, nous devons utiliser le potentiel des traités européens pour mieux orienter et coordonner nos ressources et en renforcer les bénéfices au profit de nos concitoyens. Nous souhaitons en particulier une Europe qui protège nos citoyens et nos valeurs et défendent nos intérêts.

Mais cela suppose une ambition et une volonté communes. Une vision commune de nos dirigeants politiques, qui doivent avoir le courage de s’engager résolument sur le projet européen, seul capable de nous projeter dans le 21e siècle. Les traités permettent à ceux qui veulent avancer ensemble de leur faire ou de mieux le faire, il est temps que leurs dispositions soient utilisées. C’est particulièrement urgent pour la zone euro et pour l’émergence d’une défense européenne compensant les incertitudes américaines.

Nous souhaitons faire de l’Union une puissance politique, économique, démocratique, sociale, et culturelle, un acteur global qui compte dans la mondialisation et qui œuvre à un équilibre mondial fondé sur la paix, la solidarité et la coopération, indispensable afin de relever les défis transnationaux. Et nous invitons tous ceux qui sur ce continent souhaitent donner un nouvel élan au projet européen à une grande marche civique le 25 mars prochain à Rome.

Nous souhaitons que cette marche marque le lancement d’une nouvelle dynamique démocratique et civique associant pleinement les citoyens à la définition des priorités et des défis que l’Union doit relever. Pour cela, il est également temps qu’une réflexion soit menée sur ce qui nous rassemble, sur nos valeurs communes, sur les biens communs dont nous avons besoin mais aussi sur les intérêts que nous avons à défendre ensemble. Nous invitons tous ceux qui le souhaitent, à s’associer à notre démarche pour faire émerger une véritable force civique européenne. Nous avons des valeurs, des intérêts communs et sommes le résultat d’une civilisation commune, nous avons aujourd’hui besoin d’une conscience européenne commune.

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