Les enfants du continent poursuivent le rêve européen

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Jérôme Quéré

À l’heure des 60 ans de la construction européenne, célébrés à Rome aujourd’hui, Jérôme Quéré estime que les jeunes veulent réinventer l’Europe, mais que cette dernière ne veut pas évoluer avec la jeunesse.

Jérôme Quéré est le président des Jeunes Européens – France. L’association a récemment convoqué 150 représentants d’organisation de jeunesse issus de 38 pays du continent au sein de la Convention européenne de la Jeunesse, qui a adopté le 12 mars dernier une Constitution citoyenne pour l’Europe.

Ma génération est continentale. Elle a voté à plus de 75 % contre la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Elle s’est mobilisée pour venir en aide aux réfugiés au plus fort de la crise migratoire, sur les côtes grecques ou dans la jungle de Calais. Ma génération a quitté l’Est de l’Ukraine pour rejoindre l’Europe et des lendemains plus heureux. Ma génération façonne tous les jours le futur du continent. Mais l’espace politique que nous partageons, l’Union européenne, se montre incapable d’évoluer avec nous.

En 2017, le clivage politique gauche-droite s’efface au profit d’un engagement pour ou contre l’Europe. Des deux côtés émerge l’envie de voir l’Union évoluer. Pour les uns, le souhait de revenir à une simple coopération internationale. Pour les autres, pour ma génération, l’ambition d’une Europe fédérale, à même de protéger ses citoyens dans un monde en transition. À l’aube des scrutins importants de 2017 – en France et en Allemagne – si nous votons dans un cadre national, nous décidons en fait d’une vision pour le continent. Et je crains de voir le passé voter contre l’avenir.

Inventer l’Europe qui nous fait rêver et non celle qu’on nous propose. C’est dans cet esprit que nous avons réuni la Convention européenne de la Jeunesse, le 12 mars dernier à Strasbourg. Ses 150 membres, représentants de la jeunesse issus de 38 pays du continent, ont adopté une Constitution citoyenne pour l’Europe.

Ensemble, ils ont pris position pour une Europe complète, démocratique et transparente. Elle s’appuie sur un système bicaméral composé d’un parlement et d’un sénat, devant lesquels un gouvernement de l’Union serait responsable.

Sans possibilité de dérogations nationales, elle est à même de se doter d’un ministère des Affaires étrangères, d’une représentation diplomatique et d’une armée. Dans un monde où la géopolitique se tend, où les egos nationaux se ravivent, nous avons le droit de choisir une solution de paix, renforcée par la mise en commun de nos puissances nationales.

Le projet européen de ma génération est humaniste. La Convention s’est engagée pour l’émergence d’un régime d’asile européen et la répartition de l’effort d’accueil des réfugiés. L’UE telle que nous la dessinons accorde la citoyenneté européenne à ses résidents, s’il est « démontré qu’ils s’engagent à respecter et à promouvoir les valeurs et les droits de l’Union européenne ».

« Unis dans la diversité, nous, les citoyens européens souhaitons une fédération européenne basée sur le parlementarisme, la liberté, l’égalité, la démocratie, l’identité et l’État de droit. » Ainsi démarre la Constitution citoyenne pour l’Europe. Cette ambition, c’est celle des enfants du continent. Nous formons une seule et même communauté. Nous voulons construire ensemble une Union qui soit le reflet de notre vision du monde. Un monde humain, apaisé, un monde pavé des libertés gagnées par les générations passées, protégées et étendues par ma génération.

La volonté inscrite dans la Constitution sera portée par une équipe d’ambassadeurs à travers le continent. Elle sera également défendue dans les rues de Rome le 25 mars, jour des 60 ans du traité fondateur de l’Europe politique. Face aux responsables politiques d’hier et d’aujourd’hui, nous faisons de ce texte l’étendard d’une génération européenne, d’une génération de refondateurs. Le coffre de nos espoirs pour le continent.

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