Notre génération peut donner une constitution à l’Europe

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2017 est une année d’élections en France et en Allemagne. Ces scrutins affichent un étonnant paradoxe. Des deux côtés, les partisans d’une refonte ambitieuse de l’Europe s’opposent farouchement aux anti-UE. Comme si les citoyens des deux pays attendaient un virage décisif pour l’Union, dans un sens ou dans l’autre.

Manuel Gath et Jérôme Quéré sont les présidents respectifs des Jeunes Européens en Allemagne et en France. Ensemble, ils ont convoqué une convention citoyenne, qui doit donner en mars prochain une Constitution citoyenne à l’Europe.

En France, la volonté de redessiner les règles du jeu européen s’oppose à la position de Marine Le Pen, adepte d’une récupération immédiate de ses « quatre souverainetés » nationales (législative, monétaire, territoriale, économique). De l’autre côté du Rhin, les candidats à la chancellerie comme Angela Merkel et Martin Schulz s’opposent sur la marche à suivre en ce qui concerne futur européen. L’austérité et la solidarité semble se faire face alors qu’avec l’Alternative für Deutschland (AfD) un parti nationaliste et anti-européen pourrait s’établir.

Il faut dire que l’Union européenne de 2017 – que ce soit pour les questions de crise économique, le chômage des jeunes ou la migration – constitue une cible facile pour désigner un ennemi commun face aux tensions géopolitiques, économiques et sociales que nous affrontons aujourd’hui, sur ce point, les nationaliste de tous les pays  sont étrangement d’accord. Une récente enquête menée auprès de 15 000 personnes en Europe met en parallèle le soutien (à hauteur de 60%) des citoyens à l’espace européen malgré un mécontentement affiché.

Deux choix s’offrent à ceux qui souhaitent faire évoluer l’Union. Le combat du « si on partait, ce serait pire », qui constitue trop souvent le rempart unique et morne face à l’europhobie. Ou la lutte des idées pour proposer une refonte du projet européen. Ceci, sur le constat que l’Union européenne, définie par les traités, est une construction imparfaite et ne satisfait donc que ses opposants.

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La forme de cette refonte, c’est le renouveau de l’idée européenne érigé par les citoyens de l’Union sous la forme d’une constitution citoyenne. C’est-à-dire l’écriture dans le marbre des règles de jeu politique européen, fixées par les citoyens eux-mêmes. Des règles pour une Europe démocratique, transparente, légitime et aux politiques continentales ambitieuses.

L’Union a besoin de bien plus qu’un nouveau « petit pas ». Elle est à un carrefour de son histoire. Cette construction politique et pacifique inédite peut se poursuivre ou s’achever dans les années à venir. Le Royaume-Uni sortira bientôt de l’Union européenne, Donald Trump, président des États-Unis, menace les équilibres mondiaux de la même manière que son homologue russe ou turc.

Depuis plus d’une décennie, les initiatives de démocratie horizontale se sont multipliées sur le continent. Ces processus valorisent et impliquent les citoyens en amont du vote. Vous et nous pouvons y participer et modeler aujourd’hui les textes qui façonneront l’espace public demain. Au niveau local ou national, menées par les institutions ou auto-saisies, ces initiatives ont su susciter l’enthousiasme partout en Europe et ouvrir la voie à une évolution partielle de notre fonctionnement politique. Tandis que des deux côtés du Rhin, on s’essaye à la démocratie participative en ce qui concerne le budget municipal, le parlement européen n’a toujours pas le droit d’initiative législative. La démocratie européenne en est encore à ses débuts et notre génération veut des mesures plus rapides.

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Ce principe de démocratie horizontale, appliqué à notre volonté de refonder l’Union européenne, nous amène à convoquer une convention citoyenne. 150 jeunes, en provenance de 38 pays européens, se réuniront à Strasbourg en mars pour donner une constitution à l’Union européenne.

La Convention Européenne de la Jeunesse – telle que nous l’avons appelée – prouve qu’une refonte citoyenne de l’Union est possible sur le continent. Elle ouvre la perspective de prochaines conventions citoyennes pour redéfinir profondément le projet européen.

En juin dernier, de nombreux responsables politiques européens ont pris position pour une refonte totale des institutions de l’UE. À ces derniers, nous leur adressons, au nom de notre génération, le message suivant : Osez. C’est maintenant ou jamais.

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Entre la hausse de l’espérance de vie et la baisse de la natalité, l’Europe compte de plus en plus de personnes âgées. Ce qui met en danger le système de protection sociale, qui devra être financé par les jeunes. Mais sont-ils armés pour affronter l’avenir de l’Europe ? Que pourrait faire le Parlement européen pour les aider ?

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