Un plan de communication 2015-2019 pour « Reconnecter l’Europe à ses Citoyens »

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Christophe Rouillon, rapporteur du Comité des régions sur "Un Plan de communication 2015-2019:reconnecter l’Europe avec ses concitoyens".

Christophe Rouillon

La crise de confiance sans précédent que traverse l’Union européenne nécessite une voie nouvelle pour communiquer et reconnecter les citoyens au projet et à l’idéal européens. Christophe Rouillon, membre du Comité des régions de l’UE, propose de déployer, d’ici les prochaines élections en 2019, un plan de communication commun à toutes les institutions, accompagné d’objectifs mesurables et plaçant les villes et les régions au cœur d’un dispositif  résolument décentralisé.

Christophe Rouillon est maire de Coulaines (France), vice-président de l’Association des Maires de France en charge de l’Europe, et rapporteur du Comité des régions sur « Un Plan de communication 2015-2019:reconnecter l’Europe avec ses concitoyens« .

Il ne faut pas se voiler la face: les dernières élections européennes interpellent et confirment la défiance de nos concitoyens envers les institutions et la politique en général. La montée des votes eurosceptiques  -plus de 100 députés eurosceptiques siègent désormais au Parlement européen – et un taux d’abstention historiquement élevé représentent un sévère avertissement dont il convient de tirer rapidement les conséquences.

Réconcilier les citoyens à l’Union européenne revêt un enjeu avant tout politique qui doit susciter un élan politique partagé de vouloir communiquer à tous les échelons de pouvoir, à commencer par les autorités locales et régionales encore trop souvent ignorées dans la communication actuelle de l’UE.

C’est pourquoi, en ce début de mandature, le Comité des régions prend l’initiative de proposer aux autres institutions de conjuguer leurs politiques et moyens de communication pour concevoir et lancer un plan de communication sur cinq ans, dans la perspective des prochaines élections européennes de 2019. Pour fonctionner, le dispositif proposé doit être construit en partenariat avec les institutions européennes et les Etats membres. Il doit placer les régions, les villes et les médias locaux et nationaux en position de partenaires privilégiés, la communication au niveau local étant indispensable pour garantir la participation active des citoyens dans le débat public. Le but n’est pas de répandre la « bonne parole » depuis Bruxelles mais, au contraire, de déplacer le débat européen dans les villes et régions, au plus près des citoyens.

Nous appelons les institutions de l’UE à s’engager en commun sur un « Plan de communication 2015-2019: reconnecter l’Europe avec ses concitoyens » en se fixant des objectifs chiffrés et mesurables. Concrètement, il faudrait parvenir à ce que, d’ici 2019, une majorité de citoyens européens interrogés estime dans les enquêtes Eurobaromètre que « leur voix compte en Europe », qu’ils sont « bien informés sur les questions européennes » et qu’ils ont « une image positive de l’UE ».

Nous proposons en premier lieu que 20% du budget de communication de l’UE soit décentralisé au niveau national et local, notamment vers les Centres d’information « Europe Direct » – Maisons de l’Europe et les médias locaux/nationaux afin qu’ils touchent le public le plus large possible.

Autre idée phare que nous mettons en avant, celle d’organiser sur cinq ans 500 « Dialogues citoyens » dans les régions et les villes de l’ensemble du territoire de l’Europe, en partenariat avec le Parlement européen et la Commission. Ces rencontres devraient avoir lieu dans des lieux symboliques et traiter des dossiers européens sensibles pour la population ou la région concernée. Les responsables politiques régionaux et locaux, notamment les membres du Comité des régions, et les parlementaires européens, seraient sollicités pour les animer et en assurer le suivi.

Les médias locaux devraient se voir attribuer un rôle majeur dans ce nouveau dispositif de communication européenne. C’est pourquoi nous proposons de viser à la conclusion d’accords de partenariat avec 500 télévisions, radios et journaux locaux au travers de toute l’Europe, afin d’organiser des débats et donner la parole à ceux qui vivent et bâtissent l’Europe au quotidien. Dans le cadre de cette nouvelle approche, chaque région d’Europe devrait en outre être visitée au moins une fois par an par un Commissaire européen. Il serait enfin judicieux de parvenir à rassembler, d’ici 2019, au moins 5000 municipalités, villes et régions se déclarant « Amies de l’Europe » afin de mobiliser et d’assister les responsables de la communication dans les États membres.

Au final, ce Plan devra à la fois stimuler un « récit de l’Europe », une réflexion dans l’opinion publique européenne sur les fondamentaux historiques, culturels, philosophiques et sociologiques de l’intégration européenne et, dans le même temps, assurer une « communication par la preuve » des effets concrets des politiques européenne sur la vie des citoyens.

Le projet de Plan de communication du Comité des régions sera présenté et débattu lors de la 5ème édition d’Europcom qui réunira à Bruxelles les 15-16 octobre prochains quelque 700 communicateurs publics sur le thème « Imaginer l’Europe ». Il sera soumis pour adoption par l’ensemble de membres du Comité des régions lors de la plénière de décembre du Comité.

 

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