Le Parlement veut mettre un terme à la navette entre Bruxelles et Strasbourg

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766 eurodéputés et plus de 3 000 fonctionnaires se déplacent tous les mois de Bruxelles à Strasbourg pour les séances plénières.

Selon les eurodéputés, cette navette mensuelle coûte plus de 150 millions d’euros, soit 10 % du budget annuel du Parlement et presque 19 000 tonnes d’émissions de CO2.

Pour économiser de l’argent et du temps, et préserver l’environnement, le Parlement veut à présent décider du lieu et de la date des réunions.

« Eurodéputé depuis quatre ans, la question que mes électeurs me posent le plus souvent est : pourquoi y a-t-il deux parlements européens ? C’est une bonne question, et je défie quiconque ici d’apporter une réponse convaincante. Pourquoi dépensons-nous 150 millions d’euros par an pour entretenir deux parlements et faire la navette entre les deux ? En période d’austérité à l’échelle nationale, les gouvernements opèrent des coupes budgétaires douloureuses, comment pouvons-nous justifier ces dépenses ? Nous faisons la morale à nos électeurs pour qu’ils réduisent leurs émissions de CO2. Pourquoi en émettons-nous 90 000 par an en faisant la navette entre Strasbourg et Bruxelles ? », se demande l’eurodéputé britannique Ashley Fox (CRE).

Mais les choses ne sont pas si simples. Abandonner la navette mensuelle des eurodéputés et faire de Bruxelles le siège permanent du Parlement impliquerait une modification des traités de l’UE. Les 28 États membres devraient approuver ce changement.

Et la France n’apprécie pas cette idée, car elle organise les sessions mensuelles et reçoit des fonds européens afin d’entretenir les bâtiments du Parlement.

« Je souhaite tout d’abord relever une ambiguïté présente dans les propos de plusieurs des collègues qui se sont déjà exprimés. Ils ont parlé de deux sièges. Ils ont assez astucieusement entretenu l’ambiguïté entre sièges et le lieu de travail. Je voudrais rappeler l’état du droit actuel : le Parlement européen a un siège et un seul, Strasbourg. C’est écrit dans les traités : un siège, et un seul, Strasbourg. Plusieurs lieux de travail, c’est vrai, pour différentes activités parlementaires », explique l’eurodéputé français Constance Le Grip (PPE).

À la frontière entre la France et l’Allemagne, Strasbourg a été choisi comme symbole de la reconciliation européenne après la Seconde Guerre mondiale.

Le vote de mardi invite les chefs des États membres à amorcer une modification du traité après les élections européennes en mai 2014. Le débat devrait se poursuivre jusque-là et probablement après.

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