Discussions sur l’avenir de l’Europe : les organisations de jeunesse veulent « plus qu’un siège à la table »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proclamé qu’elle ferait de 2022 l’« Année de la jeunesse européenne ». [Shutterstock]

La jeunesse européenne devrait participer aux discussions politiques, non seulement sur des sujets traditionnels comme l’éducation, mais également sur des sujets tels que la réforme des processus démocratiques, a déclaré à EURACTIV Silja Markkula, la présidente du Forum européen de la jeunesse.

À la mi-septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proclamé qu’elle ferait de 2022 l’« Année de la jeunesse européenne ». Elle souhaite que les jeunes soient encouragés à contribuer aux débats lors des consultations de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, puisqu’il s’agit de « leur avenir et que cette conférence doit aussi être la leur ».

Le Comité exécutif de la Conférence sur l’avenir de l’Europe s’est engagé à ce que 30 % des panels de citoyens européens et de la séance plénière de la conférence soient composés de jeunes.

Selon Mme Markkula, ce serait « un bon début », « mais il ne s’agit pas seulement d’avoir un siège à la table, mais également de disposer d’un véritable espace pour exprimer nos points de vue et, en fin de compte, pour être entendus ».

L’initiative de Mme Von der Leyen a été saluée, mais les organisations de jeunesse ont mis en garde contre la création d’un autre « tigre de papier ».

Interrogée sur les sujets politiques sur lesquels la jeunesse européenne devrait apporter sa contribution, Mme Markkula a déclaré qu’au-delà des questions « évidentes » de l’éducation et de la culture, l’emploi et la reprise après une pandémie sont des domaines qui pourraient bénéficier de plus de recommandations politiques de la part des jeunes.

« Nous avons été touchés de manière disproportionnée par la pandémie, pourtant nous ne sommes pas vraiment considérés comme faisant partie de la solution ou amenés à aider à résoudre ces défis – au contraire, nous sommes toujours considérés comme les coupables », a-t-elle ajouté, notant que « notre génération est la dernière à être vaccinée. »

« Nous voulons prendre part à la discussion, non seulement sur les sujets traditionnels concernant la jeunesse, comme l’éducation, mais aussi dans d’autres domaines où nous ne sommes pas traditionnellement considérés comme des acteurs clés, même si les décisions prises ont une grande incidence sur nos vies », a-t-elle déclaré.

Une génération perdue  ?

« De notre point de vue, nous devrions aborder le sujet sous l’angle de la période de transition entre l’éducation et l’emploi et des moyens permettant de faciliter cette transition afin de réduire le nombre de chômeurs », a-t-elle déclaré, soulignant que les statistiques européennes sur le chômage indiquent que les chômeurs sont, de manière démesurée, des jeunes du sud de l’Europe.

« Mais cela signifie également qu’il faut se demander comment augmenter le nombre de jeunes ayant un emploi de qualité – pas n’importe quel travail, mais un travail qui garantit réellement vos droits et donne un sens à votre vie », a ajouté Mme Markkula.

Même si le chômage des jeunes est passé de 18,7 % l’année dernière à 16,2 % au sein de l’UE et qu’il a atteint 16,5 % dans la zone euro (statistiques de juillet), le sud de l’Europe se débat avec un taux de chômage élevé chez les jeunes.

« Il est justifié de parler d’une génération perdue », a déclaré Mme Markkula concernant l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les jeunes.

Quant à la question de savoir si la COVID-19 ne risquait pas de priver la population de son droit à la politique et à la participation, elle a souligné que « ce que nous observons actuellement est en fait le contraire », avec davantage de jeunes qui descendent dans la rue pour lutter contre la crise climatique.

Au-delà des thématiques liées à la jeunesse

Les jeunes devraient également s’engager davantage dans la démocratie au sens large, tant dans le contexte des consultations citoyennes de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, récemment lancée, que dans le débat sur la réforme électorale européenne.

« Lorsque nous réfléchissons à la manière dont nous pourrions changer l’Europe à l’avenir, changer la manière ou l’âge auquel les jeunes peuvent participer formellement aux élections, par exemple, serait une composante intéressante de la discussion », a déclaré la présidente du Forum européen de la jeunesse.

« Un accord sur un abaissement de l’âge électoral pourrait être un résultat très intéressant de la conférence, puisque nous pensons que c’est ce que la jeune génération européenne désire – plus de participation », a ajouté Mme Markkula.

Elle a ajouté que cela serait étroitement lié aux réformes impliquant le vote numérique et rendant la participation des jeunes aux processus démocratiques formels, plus accessible.

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