Le commissaire désigné au commerce rejette une taxe carbone frontalière [FR]

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L’Union européenne ne devrait pas imposer de droits de douane sur les biens en provenance de pays qui ne sont pas parvenus à réduire leurs émissions dommageables au climat, a affirmé hier (12 janvier) le commissaire désigné au commerce.

Je ne pense pas personnellement que ce soit la bonne approche à adopter, a dit Karel de Gucht aux eurodéputés, qui vont voter pour approuver ou pas la nouvelle équipe de la Commission européenne le 26 janvier. C’est une approche qui va rencontrer beaucoup de problèmes pratiques.

L’Europe s’est engagée à réduire ses émissions de carbone, qui sont responsables du changement climatique, d’1/5éme au-dessous des niveaux de 1990, dans les dix prochaines années.

Cependant, les fabricants s’inquiètent du coût du nettoyage des usines et des générateurs d’énergie qui vont rendre leurs produits plus chers et moins attirants que les importations peu onéreuses de rivaux en Inde et en Chine.

Certains hommes politiques, surtout en France, estiment qu’imposer une taxe carbone sur les biens provenant des régions de production intense en carbone aplanirait les différences de prix.

Le grand risque est qu’il y ait un glissement vers une guerre commerciale avec les décideurs politiques surenchérissant les uns sur les autres sur de telles mesures, a dit M. De Gucht. Il a appelé les hommes politiques à rester dans les lois du marché même quand ils protègent l’environnement.

Il a également dit au Parlement européen qu’il soutenait l’abolition des taxes sur les biens environnementaux, tels que les éoliennes et panneaux solaires, mais n’envisageait pas un accord sur la question à l’Organisation mondiale du commerce.

M. De Gucht, qui est de nationalité belge, a promis d’essayer de convaincre une coalition de pays d’éradiquer les taxes sur les biens verts dans le cadre du combat mondial contre le changement climatique.

Dans une autre audition au Parlement européen, Algirdas Semeta, le commissaire désigné à la Fiscalité, dans le nouvel exécutif de l’UE, a souligné l’importance de mettre la pression pour de nouvelles règles en matière d’imposition dans l’UE.

La directive sur l’imposition de l’énergie sera l’une de mes premières priorités dans le cadre de mon futur poste, a dit M. Semeta. Je pense qu’à l’avenir si nous avancions dans l’imposition verte cela nous permettrait de réduire les taxes sur le travail.

Si elle est approuvée par le Parlement, l’équipe de M. Semeta reprendrait les nouvelles règles sur l’imposition de l’énergie à zéro. Ils sont toutefois susceptibles de se pencher fortement sur une proposition préparée par son prédécesseur qui n’a jamais été terminée (EURACTIV 29/09/09). Elle suggérait d’imposer le carburant selon sa teneur en carbone.

(EURACTIV avec Reuters, traduit de l’anglais par EURACTIV).

Karel De Gucht a été ministre des Affaires étrangères en Belgique à partir de 2004 jusqu’à ce qu’il rejoigne la Commission européenne en juillet 2009. Il a remplacé Louis Michel en tant que Commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire après son élection au Parlement européen (EURACTIV 08/07/09).

Il a été nommé au portefeuille du commerce dans la Commission Barroso II.

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