Les dirigeants d’extrême droite s’accordent sur une « feuille de route pour une Europe souveraine et patriotique »

Outre M. Orbán et Mme Le Pen, d’autres dirigeants européens ont participé au sommet, notamment Marlene Svazek (Autriche), Tom Van Grieken (Belgique), Krasimir Karakachanov (Bulgarie), Martin Helme (Estonie), Vincenzo Sofo et Paolo Borchia (Italie), Valdemar Tomasevski (Lituanie), Rob Roos (Pays-Bas) et Aurelian Pavelescu (Roumanie). [EFE/David Fernández]

Neuf dirigeants européens d’extrême droite et nationalistes, parmi lesquels le Hongrois Viktor Orbán et la Française Marine Le Pen, se sont mis d’accord sur une « feuille de route » pour une Europe patriotique lors d’une réunion tenue à Madrid.

Le sommet de Madrid était organisé par le parti d’extrême droite espagnol Vox, troisième force politique au parlement espagnol après le PSOE socialiste et le Partido Popular (PP) de centre-droit.

Outre M. Orbán et Mme Le Pen, d’autres dirigeants européens ont participé au sommet, notamment Marlene Svazek (Autriche), Tom Van Grieken (Belgique), Krasimir Karakachanov (Bulgarie), Martin Helme (Estonie), Vincenzo Sofo et Paolo Borchia (Italie), Valdemar Tomasevski (Lituanie), Rob Roos (Pays-Bas) et Aurelian Pavelescu (Roumanie).

Dans une déclaration commune approuvée samedi, les neuf dirigeants se sont concentrés sur le renforcement militaire de la Russie à la frontière ukrainienne et se sont engagés à « œuvrer pour que les nations d’Europe agissent de manière solidaire face à la menace d’une agression extérieure. »

« Les actions militaires de la Russie à la frontière orientale de l’Europe nous ont amenés au bord de la guerre », ont-ils indiqué. « La solidarité, la détermination et la coopération en matière de défense entre les nations d’Europe sont nécessaires face à de telles menaces », peut-on lire dans le document conjoint.

Il appelle également chaque nation de l’UE à faire entendre une « voix forte et unie » pour préserver la paix, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières.

Les neuf partis se sont réunis pour la première fois à Varsovie en décembre 2021 et, samedi, ils ont réitéré leur inquiétude face aux « attaques internes et externes » contre l’Union européenne.

Viktor Orbán a prôné « la paix, la désescalade et la négociation » face à la crise ukrainienne, mais a cependant rejeté l’idée que la solution au conflit soit un accord stratégique entre la Russie et les États-Unis sur la sécurité européenne sans la participation des Européens.

Son collègue polonais, Mateusz Morawiecki, a quant à lui exprimé sa conviction que les neuf partis réunis à Madrid constituent « l’alternative pour l’avenir de l’Europe », avec des valeurs communes et une défense conjointe des États souverains.

Les relations de l’UE avec la Hongrie et la Pologne ont également été abordées. Le texte signé par les participants était clair : « Nous condamnons les attaques de Bruxelles contre la Pologne et la Hongrie, motivées par des considérations politiques, qui témoignent d’un mépris total des principes fondamentaux de l’UE et d’une violation de l’esprit du traité. Nous devons coopérer et unir nos forces pour protéger l’Europe des idéologies qui lui sont imposées et du glissement anti-démocratique qui la conduit à sa perte. »

Les divisions se sont fait néanmoins sentir. Contrairement à son homologue polonais, M. Orbán entretient de bonnes relations avec le président russe Vladimir Poutine et s’est fermement opposé aux sanctions de l’UE contre la Russie à la suite de l’annexion de la région ukrainienne de Crimée. La Hongrie est actuellement le seul pays de l’UE à utiliser le vaccin russ Sputnik V contre la Covid-19.

Viktor Orbán adoucit la déclaration des pays du groupe de Visegrád contre la Russie

Les pays du groupe de Visegrád (V4) – la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie – ont approuvé lundi (26 avril) une déclaration officielle condamnant l’opération militaire secrète russe récemment révélée en République tchèque, à savoir l’explosion d’un dépôt de munitions en 2014.

La réunion de Madrid a également été rapidement rattrapée par la politique nationale. S’adressant aux journalistes, Marine Le Pen a commenté l’élection présidentielle française en déclarant à ses camarades de parti que ceux qui souhaitaient quitter le parti le pouvaient.

Ces déclarations de la présidente du Rassemblement National interviennent alors que se profile la possibilité que sa nièce, Marion Maréchal, soutienne Éric Zemmour dans la course à l’Élysée.

« En général, ceux qui veulent partir doivent partir, mais ils doivent partir maintenant », a déclaré Mme Le Pen.

Les neuf partis qui ont participé au sommet de Madrid ont signé un document contenant neuf engagements spécifiques pour l’avenir, dont la lutte contre l’immigration illégale, la promotion de la natalité et la défense de la souveraineté des États membres.

« C’est nous qui défendons l’Europe. Nous ne permettrons pas que soit hissé ici le drapeau de la faucille et du marteau, ni le drapeau du croissant, ni le drapeau sombre des élites de la mondialisation », a déclaré Santiago Abascal, président du parti politique d’extrême droite espagnol Vox dans son discours de clôture.

Supporter

Mesure cofinancée par l'Union européenne

Le contenu de cette publication représente uniquement le point de vue de l'auteur et relève de sa seule responsabilité. Le parlement européen n'accepte aucune responsabilité quant à l'utilisation qui pourrait être faite des informations contenues.



Subscribe to our newsletters

Subscribe