Les Verts de la nouvelle coalition « pro-européenne » pourraient trouver les réformes de l’UE problématiques

Manfred Weber, leader du PPE au Parlement européen, lors d’une mini-session plénière du Parlement européen à Bruxelles, le 10 novembre 2021. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Le nouveau gouvernement tripartite allemand devra soutenir les principales réformes de l’UE, même si elles ne correspondent pas à ses valeurs. Pour le président du PPE, Manfred Weber, la question des exportations d’armes, en particulier, pourrait porter à controverse, rapporte EURACTIV Allemagne.

La coalition de « feu tricolore » composée des sociaux-démocrates (SPD), des Verts et des libéraux (FDP), a clairement indiqué qu’elle se concentrerait sur le projet européen en s’engageant dans la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE) et les décisions importantes en matière de sécurité commune et de politique étrangère.

Lundi (29 novembre), le président du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, Manfred Weber, a toutefois expliqué que cela impliquerait un transfert de compétences de Berlin à Bruxelles.

Cela s’appliquerait également aux exportations d’armes, « qui sont aujourd’hui décidées à Berlin ». En effet, à l’avenir, « Bruxelles pourrait décider quelles armes l’Allemagne vend dans le monde », a-t-il indiqué à EURACTIV. Les exportations d’armes étant un sujet controversé, notamment chez les Verts, ils « ont encore du chemin à faire », a-t-il ajouté.

Manfred Weber était pressenti pour devenir président de la Commission européenne en 2019 en tant que candidat principal du plus grand groupe politique d’Europe, mais a échoué à l’époque en raison des oppositions provenant notamment de la France.

M. Weber, un Européen convaincu faisant partie du bureau exécutif de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, a prévenu que l’intégration européenne ne pouvait pas être poursuivie uniquement pour des raisons liées aux partis politiques.

« Vous ne pouvez pas approuver l’Europe uniquement lorsqu’il s’agit de choses que vous pensez vous-même être politiquement correct, vous devez également accepter que l’Europe ait des opinions différentes de celles de votre propre parti », a-t-il souligné.

Si le renforcement du processus décisionnel à Bruxelles sur des questions telles que la santé ne fait pas débat, il y a un domaine où cela revêt une importance particulière, « à savoir la question de la défense », a-t-il poursuivi.

Le problème de la pandémie

La Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui, selon l’accord de coalition, devrait déboucher sur « une convention constitutionnelle et conduire à la poursuite du développement d’un État européen fédéral », a été retardée par la pandémie de Covid-19.

En effet, elle était initialement prévue lorsque l’Allemagne a pris la présidence du Conseil de l’UE pour six mois au second semestre 2020, mais a par la suite été reportée d’un an en raison de la crise sanitaire.

Si la plénière constitutive de la Conférence s’est tenue en juin dernier sans problème notable, la deuxième plénière a déjà suscité des critiques.

En octobre, Mark Plesko, représentant du Forum civique slovène, avait affirmé que « les trois premières rangées devraient être occupées par des VIP ou des invités qui ne sont pas nombreux à être présents à la plénière », ajoutant que le manque d’intérêt pour la Conférence manifesté à un haut niveau représentait « une parfaite métaphore de l’Union européenne ».

Interrogé par EURACTIV, M. Weber a confirmé qu’il n’avait pas assisté à la première journée de la deuxième session plénière de la CoFoE, car « il faut aussi utiliser le temps efficacement ». Toutefois, il a assisté à la deuxième journée de la session plénière qui s’est déroulée du 22 au 23 octobre.

« Je vous demande simplement de comprendre qu’il n’est pas possible d’être pleinement présent à la plénière. Je comprends cette impression qu’il s’agissait de quelque chose d’incongru », a-t-il ajouté.

Sa collègue du PPE et représentante du Parlement européen à la Conférence, l’eurodéputée Hildegard Bentele, a déclaré qu’elle « ne pouvait pas assister à la Conférence » parce qu’elle avait « attrapé un rhume pendant la session plénière », ce qui aurait entraîné son absence durant les deux jours.

Avec l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 sur le continent européen et la propagation du variant Omicron, il semble peu probable que la prochaine session plénière prévue puisse se tenir en présentiel.

« Tout dépend maintenant de l’évolution de la situation sanitaire. En effet, si les variants du virus deviennent plus problématiques, l’agenda politique de l’Europe s’en trouvera à nouveau bouleversé », selon M. Weber.

Les supports numériques permettraient néanmoins à la Conférence de se poursuivre. « Je continue à défendre l’idée que nous devons passer aux formats en ligne », a indiqué M. Weber. « À présent, nous ne devons plus perdre de temps dans ces débats sur l’avenir », car le reste du monde n’attendrait pas, a-t-il ajouté.

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