« Pas de problème » avec les mouvements de population en Europe

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La mobilité est une grande valeur européenne, et malgré les mouvements significatifs de population survenus depuis l’élargissement de l’UE, les pays ne devraient pas craindre de dépopulation, a déclaré à EURACTIV Piotr Maciej Kaczy?ski, chargé de recherche principal au Centre for European Policy Studies (CEPS).

« La mobilité n’a rien de grave. C’est une grande valeur européenne. Que vous soyez Polonais, Roumain, Bulgare ou Lituanien, si vous quittez votre pays pour travailler en Espagne, en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni, vous êtes toujours Polonais, Roumain, Bulgare ou Lituanien, parce que vous êtes un citoyen européen », a insisté M. Kaczy?ski.

Réaction de panique

Interrogé au sujet d’une récente étude d'Eurostat, qui dévoile des mouvements significatifs de population en Europe, M. Kaczy?ski a déclaré qu'il y avait deux écoles de pensée concernant la dépopulation. L'une était de paniquer : « Oh mon Dieu, on se dépeuple ». Cependant, les mouvements de population pourraient également être perçus comme un investissement, car nombre de personnes concernées devraient revenir « avec des ressources, du savoir-faire, des contacts, des idées ».

L'étude montre que plus de deux millions de Roumains et plus d'un million et demi de Polonais vivent à l'étranger. Mais en raison de leur taille plus modeste, les pays les plus dépeuplés sont la Bulgarie et la Lituanie. Un recensement récent en Bulgarie a montré que le pays, qui compte maintenant 7 351 633 habitants, a perdu 1,5 million d'habitants depuis 1985 : un record de dépopulation non seulement pour l'Europe, mais à l'échelle mondiale également.

La Roumanie, la Bulgarie et la Lituanie se dépeuplent peut-être, mais les Bulgares, les Roumains et les Lituaniens vivent toujours dans l'UE, et bénéficient de l'Union européenne en restant en contact direct avec leur pays d'origine, a ajouté M. Kaczy?ski.

La Roumanie, nouvelle Espagne ?

Piotr Maciej Kaczy?ski perçoit des similitudes entre la récente immigration massive de Roumains et de Polonais et les mouvements de population des années 70 et 80, qui ont vu une foule de travailleurs espagnols et portugais émigrer vers d'autres « anciens » Etats membres .

Selon cette étude, la Roumanie et la Pologne sont rejointes par la Turquie et le Maroc en tant que principaux pays d'immigration pour les pays de l'UE : un quart des immigrés en UE sont des citoyens turcs, roumains, marocains ou polonais.

Paradoxalement, l'Espagne a récemment introduit des restrictions pour les travailleurs roumains, malgré que le pays ait une longue tradition d'ouverture de son marché du travail aux étrangers.

Fuite des cerveaux ?

Lorsqu'on lui a demandé si les nouveaux Etats membres souffraient d'une fuite des cerveaux, M. Kaczy?ski a insisté sur une distinction à faire entre deux catégories de citoyens qui choisissent de vivre dans un autre pays de l'UE.

« Le terme de « fuite de cerveaux » s'applique là où il y a des cerveaux. On ne peut pas parler de « fuite de cerveaux » pour du travail non qualifié », a-t-il déclaré.

L'analyste a cependant ajouté que si les pays voyaient qu'ils perdaient leurs médecins, leurs scientifiques ou leurs spécialistes des technologies de l'information, il s'agissait effectivement d'une fuite de cerveaux, et que les Etats concernés devaient voir cela « comme l'opportunité » de réformer leur pays de manière à faire revenir ces personnes. 

Révision du nombre d'eurodéputés ?

Interrogé sur une éventuelle révision par l’UE du nombre d'eurodéputés de tous les pays ou des quotas pour les votes à majorité qualifiée, qui sont liés à la population, M. Kaczy?ski a répondu que ce n'était pas nécessaire.

Selon lui, l'important n'était pas qu'un citoyen donné vive dans un autre pays de l'UE, mais sa citoyenneté.

« Si vous êtes Bulgare et que vous vivez au Royaume-Uni, aux élections européennes vous pouvez voter pour la liste britannique, mais aussi pour la liste bulgare. Il n'y a donc pas de raison de modifier le nombre d'eurodéputés », a-t-il conclu.

 

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