Une radio pour réenchanter l’Europe

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Un nouveau rapport du sénateur des Hautes-Alpes, Pierre Bernard-Reymond, en faveur d’une Europe fédérale, propose plusieurs pistes pour rapprocher l’UE des citoyens européens. La Radio France Europe est l'une d'entre elles.

A quelques encâblures des élections européennes, le Sénat vient de diffuser un rapport sur les perspectives de l'Europe. L'auteur, Pierre Bernard-Reymond, ancien secrétaire d’État au budget de Raymond Barre, a également oeuvré en tant que député européen. Désormais non affilié après avoir été à l'UMP, «qui faisait trop la danse du ventre au FN » selon lui, le sénateur y défend une vision fédéraliste de l'Europe, qui doit selon lui être défendue par des symboles.

Le projet de création de la Radio France Europe (RFE) destinée à mieux faire connaître aux citoyens français, la vie politique, économique, sociale et culturelle des vingt-sept autres pays membres est un des éléments clés du projet. Émettant en France, 24 heures sur 24, la RFE aurait pour objectif de faire rentrer les Français dans la vie intime de leurs concitoyens européens.

Le projet dans son concept a déjà été adopté au Sénat; il bute nonobstant sur le manque de moyens, et sur le fait qu'aucun ministère ne le considère comme une priorité.

Multiplier les symboles

C'est pourtant, selon le sénateur, un des moyens de pallier au manque de proximité de l’UE avec les citoyens européens. Dans son rapport, le sénateur envisage plusieurs autres pistes.

Comme notamment la création d’une carte d’identité européenne.

« Il faut des symboles de l’Europe. La carte d’identité européenne serait la preuve matérielle de l’existence et de l’importance de l’UE. Elle établirait un contact physique avec les citoyens. On peut envisager une cérémonie de remise, qui accentuerait le sentiment d’une Europe palpable. Elle ne remettrait pas en question l’existence de la carte d’identité nationale» .

Quant à la Radio France Europe (RFE), elle permettrait aux Français de connaître la vie quotidienne des pays de l’UE. Il s’agit de faire en sorte que les français puissent entrer dans l’intimité des pays européens » déclare Pierre Bernard-Reymond.

La notion d''Europe puissance

Dans ce rapport,  le sénateur dessine les perspectives de l’Union européenne pour les années à venir. Il appelle à dépasser « l’Europe espace » qu’il définit comme étant une Europe intergouvernementale  essentiellement centrée sur le marché unique, au profit d’une « Europe puissance ». Plus intégrée, cette dernière à une vocation fédérale.

« Avec ce rapport, je sème une petite graine. C’est à un projet à 30 ou 40 ans » concède le sénateur.

Le modèle des cercles concentriques

Le rapport se fonde sur le système des cercles concentriques. Pour le sénateur, l’Union européenne peut être représentée par trois cercles distincts. Ils définissent les niveaux de relations entre les pays membres de l’UE.

« Le premier cercle constitue le noyau dur de l’UE, avec entre autres, la France et l’Allemagne qui donneraient l’impulsion. Le second cercle  se compose de pays davantage intéressés par le marché unique et par le mode de gestion intergouvernemental, comme notamment le Royaume-Uni, qui menace de sortir de l'UE. Enfin, il y a dans le troisième cercle, les pays souhaitant rejoindre les deux premiers cercles » déclare Pierre Bernard-Reymond à EURACTIV.fr.

Réforme des institutions européennes                    

Pierre Bernard-Reymond, conscient de l’euroscepticisme grandissant, appelle à ré-enchanter et refonder l’Europe, en modifiant en profondeur les institutions européennes.

« Il faut un président de  « l’Europe puissance », c’est-à-dire  un président de l’Europe des trois cercles. Je propose qu’il soit élu par l’ensemble des parlementaires européens, y compris par les parlements et sénats nationaux. Ainsi, la présidence tournante du Conseil pourra être supprimée » détaille l’auteur du rapport.

Il se dit également en faveur du parquet européen que défend Robert Badinter, l'ancien ministre de la Justice de François Mitterrand. Il souhaite faire élire le président de la Commission par le Parlement européen, et organiser l’élection des parlementaires européens selon une procédure électorale uniforme.

« Les responsabilités du Parlement européen doivent être renforcées. Il doit bénéficier d’un droit d’initiative, identique à celui que possède la Commission » poursuit-il.

Mais le sénateur non inscrit va encore plus  loin en proposant par exemple la suppression  de la règle du vote à l’unanimité au Conseil.

« La règle de l’unanimité est trop laborieuse.  Je pense qu’il faut la supprimer pour les premiers et seconds cercles de l’UE ».

Doubler le budget de l’UE

Pour mener un tel projet, le sénateur Pierre Bernard-Reymond propose de doubler le budget de l’UE dans les 10 ans.

« L’UE a besoin d’un budget pour mener à bien ce projet, c’est pourquoi je recommande de doubler le budget européen d’ici 10 ans. Il faut également autoriser l’UE à emprunter, car elle n’est pas du tout endettée pourtant les règles de Maastricht le permettent » explique le sénateur des Hautes-Alpes.

Le 9 octobre 2013 était adopté au Sénat, la proposition de résolution du sénateur Pierre Bernard-Reymond, visant à créer une station de radio française « Radio France Europe » RFE destinée à mieux faire connaître aux Français le quotidien de leurs voisins européens. Adoptée à 193 voix contre 150, la proposition de résolution attend maintenant une validation du gouvernement. Le 26 février 2014, le sénateur des Hautes-Alpes, a proposé un rapport d’information sur les perspectives de l’Union Européenne, avec plusieurs pistes pour refonder l’UE.

  • D'ici avril : accord ou non par le bureau du Sénat de l'examen du rapport en séance publique

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