Le moment est venu d’être ambitieux et audacieux pour l’avenir de l’UE

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Célébration de la Journée de l'Europe dans la ville ukrainienne de Pokrovsk, en Ukraine, le 19 mai 2016.

La Journée de l’Europe est censée marquer la conclusion de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE) qui a permis aux citoyens, aux responsables politiques régionaux, nationaux et européens, aux institutions de l’UE, à la société civile organisée et aux partenaires sociaux de se rencontrer pendant un an dans le but de déterminer une trajectoire commune pour l’avenir de l’Union européenne, écrit Petros Fassoulas.

Petros Fassoulas est le secrétaire général du Mouvement européen.

Ce processus unique et innovant de démocratie délibérative et participative a placé les citoyens au cœur du processus décisionnel. Beaucoup avaient des appréhensions au départ, mais la Conférence nous a appris que notre démocratie ne peut être renforcée qu’en fusionnant le travail des représentants élus avec les contributions des citoyens et de la société civile organisée dans son ensemble.

Les panels paneuropéens de citoyens ont été l’innovation la plus précieuse de la Conférence. Les citoyens, sélectionnés au hasard, sont venus de tous les coins de notre Union et de tous les horizons, ils ont travaillé avec énergie, ténacité et détermination pour présenter des propositions qui étaient très pertinentes.

Les citoyens voient dans l’Europe une solution aux défis auxquels ils sont confrontés. C’est pourquoi ils veulent jouer un rôle actif dans la prise des décisions qui les concernent, à la fois en réformant les élections européennes et en faisant des panels de citoyens un élément permanent du processus décisionnel de l’UE. Ils veulent une Union disposant de plus de compétences, qui parle d’une seule voix et qui veille à ce que les États membres travaillent ensemble pour protéger notre santé et notre environnement, défendre nos valeurs et nos droits et œuvrer pour une Europe socialement juste et inclusive qui ne laisse personne de côté. Ils veulent simplifier la manière dont les institutions prennent leurs décisions, tout en rendant non négociable le respect de l’État de droit. Ils n’ont pas hésité à soutenir d’éventuelles modifications des traités pour réaliser ce à quoi ils aspirent.

Enfin, et ce n’est certainement pas le moins important, ils demandent une plus grande autonomie, notamment dans le domaine de l’énergie, ainsi qu’une intégration plus poussée dans le domaine de la défense et de la sécurité afin de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité, d’autant plus pertinente dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Mais ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le début de la fin. C’est simplement la fin du commencement, pour citer Winson Churchill, qui a présidé le Congrès de l’Europe en 1948, la première « Conférence sur l’avenir de l’Europe », qui, entre autres, a donné naissance au Mouvement européen. Le Congrès nous a donné l’occasion de changer l’Europe. Les recommandations récemment adoptées et présentées aujourd’hui aux présidents des trois institutions de l’Union européenne sont à la fois profondes et sensées. Elles ont le potentiel de transformer notre continent, de renforcer notre démocratie et de donner à l’Union les moyens de défendre les droits et les valeurs qui sous-tendent ce que nous appelons l’idéal européen.

Néanmoins, le manque de clarté entourant les prochaines étapes de cette Conférence suscite un fort sentiment de crainte. Une chose est sûre, nous ne pouvons pas laisser les recommandations prendre la poussière dans un rapport sur une étagère délaissée. Elles appartiennent à tous, tant aux institutions qu’aux citoyens et à la société civile. Elles doivent subsister dans leur intégralité et être mises en œuvre.

C’est pourquoi, à l’heure où l’Europe lutte contre les forces autocratiques, pour défendre nos valeurs, un suivi concret des propositions de la Conférence est de la plus haute importance. Et quel meilleur moyen d’y parvenir qu’en organisant une Convention, dont la mission serait de s’appuyer sur les travaux de la Conférence et d’apporter les changements politiques, législatifs et de traités nécessaires pour transformer les recommandations des citoyens en réalité.

L’avenir se dessine en temps de crise. Nous avons l’occasion de relever nos défis, de porter notre regard sur une Europe meilleure et de travailler ensemble à sa réalisation.

L’heure est venue d’être ambitieux et audacieux.

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